Histoire...d'hier à aujourd'hui

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Quand j’ai commencé mes recherches, les renseignements que j’ai recueillis m’ont menée bien plus loin que j’aurais pu m’imaginer. J’ai découvert avec fascination, comment s’est développé le territoire en bordure du lac Mercier et combien notre région était très active au début du siècle dernier.

Je vous offre le fruit de mes recherches et vous amène en voyage à travers ce fascinant chapitre de notre histoire locale.

Thérèse Borduas.

 

Le lac Mercier à ses débuts

Selon les anciens colons, à la fin du 19e siècle, le lac Mercier s’appelait le lac Sem  (nom d’un ancien employé d’une compagnie forestière de l’époque).  Au tournant du siècle, le père Samuel Ouimet, premier curé de Saint-Jovite, l’a renommé « lac Mercier » en l’honneur de l’ Hon.Honoré Mercier (1840-1894), premier ministre du Québec de 1887 à 1891 et l’un des plus grands premiers ministres dans l’histoire du Québec.

Ce n’est toutefois qu’en 1968 que le nom de « Lac Mercier«  a été officialisé par la « Commission de toponymie du Québec ».

Cette période de notre histoire met en scène une campagne québécoise qui doit faire face à des choix, parfois déchirants. Il devient de plus en plus difficile d’y faire vivre une famille convenablement. Les choix qui s’offrent sont, soit l’exil aux États-Unis, soit d’aller vivre dans les villes pour y travailler dans les usines, soit d’aller s’établir dans de nouveaux territoires de colonisation. C’est ce que favorise la très influente Église catholique, d’où la création de sociétés de colonisation.

Dès son arrivée en 1868 comme curé de Saint-Jérôme, Antoine Labelle (1833-1891) se lance dans l’aventure d’ouvrir les pays d’en haut à la colonisation, convaincu que l’avenir des Canadiens français passe inévitablement par le travail agricole.

La détermination du curé Antoine Labelle et l’énergie qu’il a su insuffler à ses contemporains, ont fait de lui un personnage de légende.

Histoire de chez-nous / Antoine Labelle

Répertoire du patrimoine culturel du Québec

L’Hon. Honoré Mercier et  le curé Antoine Labelle

De par sa notoriété de premier ministre, et son implication dans le développement de notre région, l’ Honorable Honoré Mercier a aussi marqué l’histoire à travers ses descendants:

-Sa fille ainée, Eliza Mercier, épousera Sir Lomer Gouin

-Sa fille Heva Mercier (Homère Fauteux), mère de l’Hon. Gaspard Fauteux,

-Son fils Honoré Mercier ll, politicien influent et ardent défenseur de la nature, qui a su conjuguer son amour pour la région avec ses fonctions ministérielles. Il est à l’origine de plusieurs institutions visant à protéger la nature et les ressources naturelles, à une époque où ces préoccupations environnementales étaient naissantes en Amérique du Nord.

Honorable Honoré Mercier, le père et le fils

L’ Honorable Honoré Mercier, assisté par son sous-ministre de l’agriculture et de la colonisation le curé Antoine Labelle, a comme mission de développer le territoire québécois et de promouvoir les intérêts de la colonisation et de l’agriculture.

Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Les hivers particulièrement rigoureux de 1871 et 1872 et la nécessité de transporter du bois de chauffage  vers Montréal, ont eu raison des résistances des politiciens qui refusaient jusqu’alors de développer la voie ferrée vers les Laurentides. Le train se rend bientôt jusqu’à Saint-Jérôme.

Mais le curé Antoine Labelle, surnommé le « Roi du Nord » voit plus loin et veut continuer la colonisation sur de nouvelles terres vers le Nord. Il rêve aussi d’y amener des  touristes en quête de dépaysement, pour profiter des paysages grandioses et des nombreuses ressources dont les « Cantons du Nord » regorgent.

L’extension de la voie ferrée vers le Nord est essentielle à la réalisation de ce rêve et le curé Labelle met beaucoup d’énergie à la réalisation de son plan de colonisation.

Collection SOPABIC

Plan de colonisation des « cantons du Nord »

Le curé Labelle veut freiner l’exode des Canadiens-français vers les États-Unis, mais il a aussi la ferme intention d’endiguer la poussée des Anglo-saxons et de leurs pasteurs protestants au nord du Saint-Laurent. Ceux-ci ont déjà remonté de la région de l’Outaouais vers les cantons de Montcalm, Arundel et même Salaberry sur la Diable. Le curé sait que les protestants ont l’intention de s’emparer des bonnes terres de la vallée de la Rouge et de la Diable et il déploie beaucoup d’efforts pour déjouer leurs projets. Il veut à tout prix éviter que les anglophones fassent dans les cantons du Nord ce qu’ils ont fait dans les cantons de l’Est où la concession des terres les a favorisés au détriment des Canadiens-français plus pauvres.

À l’automne 1870, le curé Antoine Labelle part de Saint-Jérôme et traverse les hauts sommets de « La Repousse » (St-Faustin) pour atteindre la plaine du grand Brûlé. La forêt a été en partie déboisée au confluent des rivières Diable et Rouge par les entrepreneurs forestiers d’Hawesbury, pour y entreposer la nourriture et l’équipement  nécessaires à leurs chantiers d’hiver. Il voit ici une belle vallée propice à l’installation d’une colonie.

Antoine Labelle réclame l’aide du gouvernement afin qu’un plus grand nombre de terres soient attribuées aux colons et demande également une meilleure protection législative face aux pratiques abusives des entrepreneurs forestiers.

Après l’arpentage du canton De Salaberry en 1871, des familles commencent à défricher la vallée du Grand Brûlé sur la rive sud de la Diable. Pour aider les familles à s’installer sur ces terres, le curé Labelle réussit à rassemble les sommes nécessaires à l’amélioration du chemin Morin (route 117) qui relie « le grand Brûlé » à Ste-Agathe et à la construction d’un pont couvert sur la Diable, ce qui permettra aux colons de défricher les deux côtés de la rivière.

Les défricheurs s’installent graduellement dans les cantons de Wolfe, Arundel et Clyde.

Après l’ouverture du « chemin Morin » jusqu’à la Diable en 1871, les colons s’établissent dans le Canton de Clyde (La Conception), au milieu de l’empire forestier des frères Hamilton de Hawesbury.

La mission du « Grand Brûlé »

Les familles St-Jean, Pilon, Champagne, Labelle et Clément s’implantent dans le canton de Clyde où est situé le lac Mercier.

En 1878, les familles sont nombreuses sur les deux rives de la Diable. Joseph Sarazin, bien établi sur la rive  sud de la Diable, offre un terrain au curé Labelle et une chapelle-presbytère y est bientôt érigée. Le curé Labelle encourage le transfert de l’abbé Joseph-Samuel Ouimet du diocèse de Montréal, afin qu’il consacre son temps aux colons et à leurs familles de la mission du Grand Brûlé. En 1878, la nouvelle colonie est confiée à l’abbé Joseph-Samuel Ouimet.

Le « grand Brûlé » s’appellera désormais St-Jovite.

Le curé Ouimet dépense beaucoup d’énergie à recruter de nouveaux colons. Le village de St-Jovite a maintenant une Commission scolaire et fait ériger une école. La chapelle devient bientôt exigüe et la construction d’une église devient nécessaire. Le village a un moulin à scie et une briqueterie (François Léonard), un moulin à farine (Célestin Bisson), un moulin à carder (Jude Meilleur), un boulanger, des voituriers et des forgerons, des magasins généraux, un médecin et un notaire. Grâce aux ruisseaux, l’installation d’un pouvoir électrique vient accélérer l’expansion du territoire.

La route de 21 milles qui relie St-Jovite à la Chute aux Iroquois (Labelle) passe par le lac Duhamel et La Conception. En 1883, une nouvelle route qui traverse les rangs 1 et 2 de Grandison, puis le rang D de Clyde le long de la rive ouest du lac Mercier , est en construction. Ce chemin nommé « Chemin Bisson » réduira la distance entre les deux villages à 16 milles. Les terres le long du chemin et celles longeant la rive est de la Rivière Rouge, sont fertiles et très productives.

À deux reprises, en 1885 et 1890, le curé Labelle, devenu sous-ministre de la Colonisation sous le gouvernement d’Honoré Mercier, s’est rendu en Europe afin de recruter des familles francophones pour venir s’établir sur les nouvelles terres des cantons du Nord.

La vision du « Roi du Nord » de prolonger la voie ferrée au-delà de la montagne de « La Repousse » (Saint-Faustin) est devenu réalité.

On a déjà inauguré la gare à  la « station de Saint-Jovite » en octobre 1893.

En 1894, l’installation de la voie ferrée est complétée dans le secteur du lac Mercier et le premier train y passe en direction de La Conception et la station de la Chute aux Iroquois (Labelle). Le train peut désormais amener travailleurs et touristes dans les vallées de la Diable et de la Rouge, jusqu’au terminus de la Chute aux Iroquois.

 

Gare de la « Chute aux Iroquois » (Labelle)

Après le décès du curé Antoine Labelle en 1891, son projet de colonisation est poursuivi par son ami fidèle, Samuel Ouimet. La colonisation va bon train et s’étend dans les cantons de Grandisson et de Clyde. En plus de s’occuper des familles de la vallée de la Diable, le curé Ouimet doit desservir les missions de La Conception et de la Chute-aux-Iroquois.

  L’ histoire de la colonisation

Dans le petit hameau du lac Mercier, le nombre de familles a beaucoup augmenté depuis l’implantation de l’industrie et l’arrivée du train et la construction de la gare en 1904.

Collection Jacques Poissant

La « mission de Mont-Tremblant » est crée et le curé Ouimet vient y faire une visite dominicale jusqu’à son décès en 1918. La mission est par la suite confiée au curé Joseph-Eugène Limoges, qui conservera un beau souvenir de ses visites au lac Mercier, écrira-t-il plus tard, alors qu’il sera devenu évêque de Mont-Laurier en 1922.

La mission de Mont-Tremblant est prise en charge par l’abbé Charles-Hector Deslauriers en 1929.

Charles-Hector Deslauriers, né à Pointe-Claire en 1898, fait son cours classique à Montréal et termine ses cours en théologie au séminaire de Mont-Laurier. Il est ordonné prêtre par Mgr Limoges en 1925 et est directeur des études au séminaire de Mont-Laurier pendant 3 ans, avant d’être nommé curé du lac Mercier. À l’été 1929, il entreprend de bâtir une église pour remplacer la petite chapelle. La nouvelle église est terminée à la fin de l’année 1929.

Le curé Deslauriers a vite compris que le tourisme serait crucial pour le développement de la région. Il s’est beaucoup dévoué pour encourager ses paroissiens à la pratique des sports et également à embellir leur environnement. S’inquiétant de la perte des forêts à cause de la coupe intensive du bois par les compagnies forestières, il a initié un programme de reboisement dans la région. Il avait une grande passion pour l’horticulture et reconnaissant l’importance de conserver la nature. Après 50 ans de dévouement pour la municipalité de Mont-Tremblant, il décède le 23 avril 1979.

Coll. Peter Duncan

Les oubliés: Charles-Hector Deslauriers

Le Curé Deslauriers   un sauveur pour Mont-Tremblant

Coll. M. Gallagher- Curé Deslauriers avant la 1ere Course Kandahar 15 mars 1932
Charles-Hector Deslauriers et Mary Ryan avec de jeunes skieurs


Visionnaire, le curé Labelle avait prévu que de beaux endroits dans les cantons du Nord deviendraient des paradis pour retrouver la santé et admirer et profiter de la nature. Il voulait faire du Nord une « Suisse canadienne ».

Naissance d’un village.

Au début du siècle dernier, la plupart des lots ont été acquis autour du lac Mercier par « billets de location » ou par l’octroi de « Lettres Patentes»   du gouvernement du Québec. Pour les tenaces défricheurs, les statuts et règlements prévoient qu’une fois le bois coupé et ramassé  sur les terres à défricher, celles-ci sont cédées aux colons. Ceux-ci viennent donc peu à peu s’établir avec leur famille sur le lot qui leur est concédé.

Honoré Mercier obtient des lettres Patentes afin de permettre l’installation du chemin de fer. Après son décès en 1894, c’est Virginie St-Denis, sa veuve, qui détient les lettres patentes du gouvernement pour les lots 34 et 35 du rang ll dans le comté de Grandison, (village de Mont-Tremblant) ainsi que pour le lot 46, là où la voie ferrée est implantée.

Virginie St-Denis Coll. BAnQ

En avril 1898, Virginie St-Denis vend les deux lots, 34 et 35 du rang ll dans le canton de Grandison, d’une superficie de 200 acres à François Sigouin père, cultivateur de St-Jovite, avec promesse d’aider l’acquéreur au besoin.

Le 22 novembre 1901, le cultivateur François Sigouin père, vend à Célestin Bisson, cultivateur également, une source d’eau localisée sur le lot 35 du rang ll dans le canton de Grandison, au nord du « chemin du lac Tremblant », avec droit d’y construire un bassin et un aqueduc d’une longueur d’environ 1000 pieds, pour amener l’eau jusqu’à l’emplacement de Joseph Dufour le lot 36 du rang ll.  Joseph Dufour dispose désormais d’une source d’approvisionnement en eau nécessaire aux opérations de l’hôtel qu’il s’apprête à construire, « l’hôtel Mont-Tremblant ».

En 1902, François Sigouin père et Alphonse Gauthier vendent à la compagnie  forestière Great Northern Lumber et le marchand de bois Salomon Cole, une grande portion de ce territoire sur tout le plateau entre le « lac Brochet«  (renommé lac Moore) et le lac Mercier, et du ruisseau qui longe le plateau jusqu’au pied de la montagne (Mont-Plaisant). En 1905, ce territoire sera vendu à la A.D. Gall Petroleum & Chemical Co.

La compagnie forestière et Salomon Cole détiennent également les lots 5 à 12 du rang E du canton de Clyde au nord-est du lac en plus de détenir des droits de coupe sur les lots 8 et 9 du rang D du canton Clyde, au nord-ouest du lac et autour du lac du sommet, appartenant à Marie Giroux, veuve d’Alphonse D. Dury

Au lac Mercier en 1904, l’inauguration de la gare permet dorénavant au « Train du Nord » d’arrêter dans le petit village, ce qui donne un nouvel essor au développement de la région.

Collection Yves Richer

En 1904-1905, François Sigouin père, propriétaire des lots le long du ruisseau et du « chemin du lac Tremblant » (chemin du Village), entre le lac Mercier et le « lac Brochet » (lac Moore), peut revendre des parties de lots acquis par lettres patentes, à condition que les acquéreurs y érigent une maison habitable. Ces nouveaux habitants sont les pionniers du village de Mont-Tremblant. Ils proviennent des régions de Saint-Jérôme, Sainte-Thérèse et Sainte-Agathe et font l’acquisition de ces lopins de terre, bien décidés à s’installer dans une région pleine de promesses.

Ces pionniers sont: Joseph Cyr, Alphonse Gauthier,  Jules Lachapelle,  Joseph Dufour, qui construira l’hôtel Mont-Tremblant, puis Wilfrid Guay (et Donalda Renaud) qui en deviendront propriétaires,  le menuisier Octave Émond,  le bucheron Calixte Ladouceur,  le contre-maître Zéphirin Meilleur (et Victorine Hamel),  les journaliers Olivier Ladouceur et Ovide Barnes , le cultivateur Célestin Bisson et le charpentier  Zéphirin Bisson,  Joseph Meilleur, maître de pension,  Jean-Romain Lavigne, qui ouvre bientôt un magasin général,  Jules Boivin ,  Eugène Dicaire,  Charles Whittey,  le chef de gare Adélard Matte,  Azarius Lauzon,  Arthur Robert,  Damien Poissant (et Irène Bréard) qui s’établissent juste derrière l’hôtel de Joseph Dufour,  Zéphirin Vanchesteing (Virginie Sénécal) qui installeront l’électricité dans le village, et plusieurs autres par la suite.

Presque toutes les parties du lot 35 ont été vendues par François Sigouin à des pionniers qui se sont établis le long du « chemin du lac Tremblant ». Les parties de lots du côté nord de ce chemin étaient plus propice à l’installation d’habitations, c’est là que plusieurs maisons et commerces ont été construits, dont certains ont subsisté jusqu’à maintenant.

Entre le plateau où la compagnie forestière avait ses installations et le « chemin du lac Tremblant », coulait le ruisseau de décharge du « lac Brochet ». Au milieu de son parcours, le ruisseau s’élargissait et formait un étang marécageux. Le développement du village et de l’amélioration du chemin du village, ont fait disparaitre l’étang boueux et le ruisseau a été confiné au pied du plateau industriel.

Coll. Yves Richer « Lac à Ti-Paul » (ref. Paul Letendre)
Coll. Stéphane Martin- ruisseau au centre du village

Ce n’est que dans les années 80 que le ruisseau est devenu sous-terrain et le terrain où coulait le ruisseau a fait place au « parc du Curé Deslauriers ».

Le 31 décembre 1914, Virginie St-Denis se départit du lot 46 dans le canton de Grandison et le cède au Canadian Pacific Railway, où la voie ferrée a été installée il y a une vingtaine d’années.

Le 17 novembre 1896, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier, acquiert du gouvernement du Québec  suivant un octroi qu’elle s’est vue accorder, plusieurs lots du rang ll dans le canton de Grandison. L’octroi de terres par lettres patentes est assujetti aux lois et règlements concernant les terres publiques.

Le 17 décembre 1897, elle vend les lots 36 (77 acres) et 37 (31 acres), ainsi qu’une petite partie du lot 35 du rang ll à Edouard-Henri Mercier, officier de douanes de Montréal et frère d’Honoré Mercier.

Edouard-Henri Mercier devient ainsi propriétaire des lots adjacents au lac Mercier Ce vaste territoire couvre environ le lac dans sa partie sud et sud-est.

Un fait intéressant : les Mercier possèdent un îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37. Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés, jusqu’en dans les années 30.

Une partie de ces lots a été louée en 1901 à la compagnie forestière; sur une partie des lots 35 et 36, situés le long du « chemin du Lac Tremblant » (l’actuel chemin du Village) où la compagnie forestière a ses installations, sont érigés plusieurs bâtiments, dont un magasin général, un moulin à scie et des installations pour transformer le bois, en plus d’une immense cour à bois. On y construira bientôt un hôtel pour les employés de la compagnie, le « Chalet du lac ».

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier, qui devient propriétaire de presque tout le territoire adjacent au lac dans sa partie sud-est. Elle est tenue par contrat de poursuivre la location des lots pour la coupe de bois avec Salomon Cole, le marchand de bois et propriétaire du moulin à scie situé dans le village.

Certaines parties du lot 36 en bordure du lac et le long de la voie ferrée ont été vendues par Évelina «Éva » Mercier à des pionniers. Ils y ont érigé des habitations ainsi que quelques commerces, dont l’Hôtel Mont-Tremblant.  Certaines de ces constructions sont toujours en place aujourd’hui.

Lorsqu’ Évelina Mercier décède en septembre 1920, ses propriétés sont léguées à son époux, Alfred Beaudoin, ainsi qu’à ses 6 enfants. Les enfants Beaudoin continuent de fréquenter le lac Mercier. Jusqu’en 1928, sa fille Jeanne Beaudoin et son gendre, Lucien Roy, habitent un emplacement du côté ouest du lac, (qui deviendra plus tard l’hôtel Pointe du rocher).

Maison de Louis E. Roy en 1926 Coll. Brien Benoit

La succession d’Évelina Mercier conservera encore pendant plusieurs années les propriétés à l’est et au sud-est du lac. Alfred Beaudoin décède en juillet 1934. Quelques propriétés demeurent dans la succession Mercier-Beaudoin jusqu’au décès de Fleur-Ange Beaudoin en 1959 et des autres descendants jusque dans les années 80.

Les Vanchesteing opèrent une petite centrale électrique  à partir de 1912 et installent graduellement l’électricité vers le village. En 1931, Virginie Sénécal, veuve de Joseph Vanchesteing, vend les installations à la Gatineau Power Co., qui assurera désormais un réseau électrique fiable dans le village.

Depuis le début du siècle, l’eau courante est fournie aux habitants de cette partie du village et de la petite école au milieu du village. L’eau provient d’une source qui jaillit sur le flanc nord de la montagne derrière l’hôtel Mont-Tremblant. La source et le système d’aqueduc appartenant à Célestin Bisson depuis 1901, a été vendue à Donalda Renaud en 1923. Huit familles de ce secteur bénéficient du service d’aqueduc en plus de l’hôtel Mont-Tremblant et de l’école située au milieu du village : les Syracuse pour 2 maisons, Labelle, Sigouin, Letendre, Richer, Lavigne et Poissant. Les familles profitent de ce service d’eau moyennant une contribution annuelle (variant de 6 à 30 dollars en 1941).

Victorine Hamel, veuve de Zéphirin Meilleur et propriétaire de l’Hôtel Mont-Tremblant, vend à Ovila Robitaille, la source d’eau et les installations d’aqueduc en même temps que l’hôtel et les autres propriétés qu’elle possède en mai 1941.

Lac Mercier 1930.   Collection Marc Calvé
Collection Jacques Poissant

 

Collection Pierre McCabe

Dans la « mission de Mont-Tremblant », la paroisse Sacré-Cœur de Jésus est fondée en 1919. En juillet 1920 , le curé  J-Eugène Limoges achète de Zéphirin Bisson un terrain face au lac en bordure de la voie ferrée, afin d’y ériger une chapelle qui sera desservie par le curé de St-Jovite. La « mission de Mont-Tremblant » dessert tout le rang ll du canton de Grandison (dans le comté de Terrebonne), c’est-à-dire le village, mais aussi les fidèles qui se sont établis dans le rang D du canton de Clyde, (mission de La Conception), soit tout le côté ouest du lac Mercier.

En 1929, des menuisiers et artisans locaux dont Euclide Dubois, participent à la construction de la nouvelle église sur le promontoire à côté de la petite chapelle face au lac.

Euclide Dubois dont les parents proviennent de la région de Ste-Thérèse, avait acquis plusieurs lots dans la région entre le lac Ouimet et le lac Mercier et avait érigé l’auberge Villa Bellevue au lac Ouimet. Il exploitait également un moulin à scie sur un des lots près du chemin qui mène au village. Menuisier et entrepreneur, il participe à la construction de l’église.

Collection Yves Richer 1929.

C’est en décembre1929 que l’Église du lac Mercier est complétée.


L’ industrie du bois dans le village

À la fin du 19e siècle, la demande américaine pour le bois d’œuvre est en pleine croissance. La construction de la voie ferrée va insuffler un nouvel essor à l’exploitation forestière déjà présente dans la région et va favoriser la création d’une industrie secondaire liée à la transformation des sous-produits du bois.

À cette époque, les droits de coupe et de vente de bois sur presque tout le territoire ont été acquis par des compagnies forestières.

Le 20 novembre 1903, la Great Northern Lumber Company Ltd. exploitait un vaste territoire boisé couvrant le côté est du lac Mercier, le secteur est du village le long du « chemin du lac Tremblant » (chemin du Village), ainsi que plusieurs lots boisés du secteur nord du lac. Pour ces exploitants forestiers, le site est idéal car le bois, dur et mou, est disponible en grande quantité.

Cette nouvelle économie donne donc un élan au mouvement de colonisation. Les colons qui se sont établis dans la région lors de la colonisation et depuis l’installation de la voie ferrée entre St-Jovite et La Conception en 1893-1894, sont heureux d’y trouver des emplois près de leur famille. Ayant constaté le potentiel agricole limité de leur nouvelle terre, ils iront chercher un revenu appréciable en offrant leurs services comme bûcherons et employés de la compagnie forestière.

Pour la compagnie forestière, la gare du lac Mercier, construite en 1904 rend de plus en plus attrayant le commerce du bois.

Le 3 avril 1906,  des gens d’affaire de Montréal et un marchand de Westmount, Andrew D. Gall (A.D.Gall Petroleum & Chemical Company Ltd) achètent les installations et les droits de coupe que détient Salomon Cole, le marchand provincial de bois et propriétaire de l’usine de transformation du bois (moulin à scie) installée entre le lac Moore et le lac Mercier.

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Ce début de siècle fut marqué par plusieurs événements qui ont influencé le développement de notre région et, à bien des égards, une remise en question de la façon de vivre des gens.

-la Grande Guerre de 1914-1918,

-la pandémie de « grippe espagnole » de 1918,

-Les années 1920 marquées par l’américanisation du mode de vie et de la culture et  l’émancipation des mœurs durant cette décennie qu’on a baptisée « les années folles »,

-l’influence de la prohibition,

la « Grande Dépression », cette crise économique des années 1930, qui a apporté son lot de chômage et de misère.


Le début de l’ère touristique

Dans les années 1930-1940, l’industrie touristique prend de l’ampleur. À cette époque, l’industrie touristique découvre les « Pays d’en Haut » et la clientèle des milieux bourgeois anglophone et francophone devient plus importante dans la région.

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

  le développement touristique de la région

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

 

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

 

Collection Pierre McCabe

C’est le début de la Deuxième Guerre Mondiale 1939-1945.

L’hôtel « Chalet du lac » est vendu au curé Charles-H. Deslauriers en 1939. Le bâtiment à vocation touristique, servira de lieu de rassemblement pour les activités organisée par le curé Deslauriers.

Collection SOPABIC

Les bâtiments et le moulin à scie désuets de la Standard Chemical Co. sont abandonnés. La vente de nombreuses parcelles de terrain dont la compagnie est encore propriétaire se poursuit jusqu’en 1942. L’embranchement de la voie ferrée est démantelé pour faire place à la « rue Du Couvent« .

Le village reprend ses droits et de nouveaux propriétaires s’établissent sur ce plateau entre le ruisseau Moore et la montagne (Mont Plaisant) et les lacs Mercier et Moore, le secteur de la « rue Du Couvent ». Une école est bâtie dans ce nouveau secteur du village et les Soeurs de Sainte-Croix y emménagent en 1948.

On se souvient qu’au Québec, ce n’est qu’en 1943 que le gouvernement a voté une loi rendant l’école obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans.

Coll. SOPABIC

L’éducation dans le village


Le lac Mercier

 Avant nous, ils ont marché sur cette terre, ils ont regardé ces montagnes et admiré ce lac …

Depuis l’arpentage et la division des cantons dans les comtés de Labelle (canton de Clyde) et  de Terrebonne (canton de Grandison) dans les années 1871-1883, le petit village de Mont-Tremblant et  l’extrémité sud-est du lac Mercier font partie du canton de Grandison dans le comté de Terrebonne.

Pour ce qui est du lac Mercier et du lac Desmarais, ils  sont localisés dans la « Municipalité de Clyde » (La Conception) dans le canton de Clyde.

En 1940, la situation géographique et le développement de l’activité touristique suscitée par le Mont-Tremblant amènent la Municipalité de Mont-Tremblant à intégrer le lac Mercier et le lac Desmarais au sein de sa municipalité. Les lots des rangs D (à l’ouest) et E (à l’est et au nord du lac) du Canton de Clyde font dorénavant partie de la « Municipalité de Mont-Tremblant ».

La Municipalité du Canton Clyde changea officiellement de nom en 1946 pour  « Municipalité de La Conception ».

 

publié dans sa rubrique « Politique familiale », Municipalité La Conception


Les premiers propriétaires autour du lac.

Des habitants installés dans la région obtiennent des billets de location ou des lettres patentes pour des lots qu’ils veulent acquérir autour du lac Mercier. L’octroi de terres par lettres patentes est assujetti aux lois et règlements concernant les terres publiques.

Les lots du versant sud et sud-est

Les lots 36 et 37 du rang ll du canton de Grandison

Le 17 novembre 1896, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier, acquiert du gouvernement du Québec  suivant un octroi qu’elle s’est vue accorder, plusieurs lots du rang ll dans le canton de Grandison.  Le 17 décembre 1897, Virginie vend les lots 36 (77 acres) et 37 (31 acres), ainsi qu’une petite partie du lot 35 du rang ll à Edouard-Henri Mercier, officier de douanes de Montréal et frère de l’ Hon.Honoré Mercier.

Edouard-Henri Mercier devient ainsi propriétaire des lots adjacents au lac Mercier Ce vaste territoire couvre toute la partie sud et sud-est du lac.

En faisait partie l’îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37. Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés jusqu’en dans les années 30.

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier, qui devient propriétaire de presque tout le territoire adjacent au lac dans sa partie sud-est.

Certaines parties du lot 36 en bordure du lac et le long de la voie ferrée ont été vendues par Évelina «Éva » Mercier à des pionniers. Ils y ont érigé des habitations ainsi que quelques commerces, dont l’Hôtel Mont-Tremblant.

Certaines de ces constructions sont toujours en place aujourd’hui.

 

 

 

Lorsqu’ Évelina Mercier décède en septembre 1920, ses propriétés sont léguées à son époux, Alfred Beaudoin, ainsi qu’à ses 6 enfants.

La succession d’Évelina Mercier conservera encore pendant plusieurs années les propriétés à l’est et au sud-est du lac. Alfred Beaudoin décède en juillet 1934. Quelques propriétés demeurent dans la succession Mercier-Beaudoin jusqu’au décès de Fleur-Ange Beaudoin en 1959 et des autres descendants jusque dans les années 80.

 

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Les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton de Clyde: (Est)

-À la fin du 19e  siècle, Bénoni St-Jean, un menuisier, et fermier du canton de Clyde, obtient par lettres patentes du gouvernement du Québec, les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton Clyde, soit toute la partie sud du lac Mercier, rives est et ouest. Ce vaste territoire couvre environ la moitié du lac. Des bâtisses sont érigées sur ces lots.

Le 18 juillet 1902, il vend ces trois lots à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde.

Le 18 novembre 1902, Jérémie Bonnier vend toute la partie est des lots 1, 2 et 3 du rang D à Joseph Cyr, un entrepreneur de St-Jovite.

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Les lots des versants nord  et nord-est  du lac

Les lots 5 à 12 du rang E du canton de Clyde:

Dans la section destinée à l’industrie, on a pu retracer l’historique de ceux qui possédaient les lots 5 à 12 du rang E dans le canton de Clyde: en 1902 : propriété du marchand provincial de bois Salomon Cole, en 1906 : A.D.Gall Petroleum & Chemical, -en 1910 : la Laurentian Chemical Co. -en 1932 : la  Standard Chemical Co.

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-C’est le 13 janvier 1943 qu’une partie de ce vaste territoire au nord-est du lac (Lots 5 et 6 du rang E) est acheté par le curé Charles-Hector Deslauriers.

 

-Le 17 juin 1940, le plus jeune frère du curé Deslauriers, René Deslauriers, à cette époque vendeur à Montréal, obtient les lots 7, 8 et 9A du rang E du canton de Clyde, soit tout le secteur nord du lac adjacent à la voie ferrée du C.P.R.

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Les chalets entre la voie ferrée et le lac, sur la rive est du lac.

-Le 12 novembre 1896, le 25 mars 1897, le 30 octobre 1906 et le 31 décembre 1914, en vertu des lettres patentes qu’elle détient du gouvernement du Québec, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier, transfère ses droits de propriété à la Montreal & Western Railway Co., soit toute la partie du terrain sur laquelle est installée la voie ferrée. Cette bande d’une largeur de 40 pieds de chaque côté du milieu la voie ferrée est l’espace alloué pour le chemin de fer. Les portions excédentaires entre le lac et la voie ferrée non utilisées par la compagnie de chemin de fer, sont dorénavant la propriété de la compagnie et celle-ci dispose du droit de vendre ces portions de terrain.

Le long du lac Mercier, cette bande de terrain dans le canton de Clyde deviendra le lot 52 au niveau des rangs D et E.

À partir de 1922, la Montreal & Western Railway Company, propriétaire du lot 52 du rang D et E, se départit graduellement de plusieurs parcelles de terrains qui ne lui sont pas utiles entre la voie ferrée et le lac. C’est alors qu’on voit apparaître de petits chalets construits sur les rives est et nord du lac Mercier.

Des maisons sont construites sur les pointes de terrain qui s’avancent dans le lac. Ces résidences de villégiature sont utilisées durant l’été. Il n’y a pas de route et le transport des matériaux nécessaires à la construction est difficile.

                       

Plusieurs de ces chalets, témoins du passé, ont réussi à conserver leur cachet d’autrefois.

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Les lots du versant ouest du lac

les lots 36 et 37 du rang ll dans le canton de Grandison (ouest)

Au début du 20e  siècle, Edouard-H. Mercier, est propriétaire d’une partie des lots 35, 36 et 37 du rang ll du canton Grandison. C’est le secteur où est situé la partie du village adjacente au lac Mercier.

En faisait partie l’ îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37. Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés jusqu’en dans les années 30.

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier.

– Le 26 août 1905 et le 8 mai 1923, Evelina Mercier et Alfred Beaudoin vendent à Katherine Melanie Weekes et à John J. Creelman les portions des lots 36 et 37 du rang ll situé à l’extrémité sud ouest du lac, soit tout le terrain entre le lac et le chemin public.

Au décès de J. Creelman, c’est Maud H. Baker qui en hérite en février 1950, puis le vend au Dr. Lucien Piché (Suzanne Denis) le 28 novembre 1961.

-L’extrémité sud du territoire est demeurée la propriété des successeurs d’Évelina Mercier jusqu’en 1988, alors qu’une  autre partie a été conservée par les derniers descendants d’Évelina jusqu’à tout récemment.

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Le territoire sud-ouest du lac est situé dans le canton de Grandison, tandis que le reste du côté ouest  est situé dans le canton de Clyde. Ce sont les lots 1 à 8 du rang D.

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Les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton de Clyde: (Ouest)

Bénoni St-Jean, un menuisier et cultivateur du canton de Clyde, avait acquis par lettres patentes du gouvernement du Québec, les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton Clyde, soit tout le secteur au sud du lac Mercier des deux côtés du lac. Le 18 juillet 1902, il vend ces trois lots à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde.

Le 4 août 1903, Jérémie Bonnier vieillit et veut s’assurer d’une rente annuelle. Une des conditions du don est de fournir une rente annuelle et viagère au donateur. Joseph Robert, un cultivateur de St-Jovite, devient donc propriétaire des lots 1, 2 et 3 du rang D du côté ouest du lac. Sur ces lots, des bâtisses sont érigées. Jérémie décèdera le 4 mars 1910.

La baie du sud-ouest (chemin Harrison)

-De Bénoni St-Jean, un menuisier et cultivateur du canton de Clyde, à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde, puis à Joseph Robert, toute la partie ouest des lots 1, 2 et 3 sont défrichés et cultivés, puis subdivisés. Le chemin qui mène vers Labelle est connu comme le « chemin Bisson » (l’actuel ch. du lac Mercier) car Zéphirin Bisson y est établi avec sa famille.

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Le milieu du lac

Les lots 4 et 5 du rang D du canton de Clyde:

-Alphonse-Denis Dury et Marie Giroux quittent leur France natale en 1883 pour immigrer au Canada. Alphonse est tailleur et le couple ouvre un magasin de vêtements à St-Jovite. Le 19 mai 1897, A-D. Dury obtient par lettres patentes la concession de quelques lots (Lot 4 et lots 8 et 9) du côté ouest du lac Mercier, le long du chemin Bisson (ch. Du lac Mercier) qui mène vers Labelle.

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-Arthur O’Meara acquiert les lots 4, 5 du rang D dans le canton de Clyde, détenus par Alphonse Dury. Sur un plateau rocheux juste au bord du lac, il construit une demeure de deux étages.

Le 8 février 1905, il vend la propriété à un architecte, Louis E. Roy (Laurence Robert). La famille réside alors à New-York. De retour à Montréal, ils séjournent au lac Mercier par intervalles. Leur fils Lucien Roy et son épouse Jeanne Beaudoin, fille d’Évelina Mercier et Alfred Beaudoin, y passent beaucoup de temps jusqu’en 1928, la famille de Jeanne possédant des propriétés juste de l’autre côté du lac.

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Vers l’ouest nord-ouest

Les lots 6 et 7 du rang D du canton de Clyde:

Delphine St-Jean, l’épouse de Bénoni St-Jean, obtient la concession des lots 6A et 6B du rang D et reçoit les lettres patentes du gouvernement du Québec, le 5 février 1924. Les lots lui sont octroyés pour la culture et la coupe de bois.

Le 8 mai 1934, Antoinette St-Jean (Roméo Pilon), cultivateurs du canton de Clyde, hérite du lot 6B du rang D au décès de sa mère Delphine.

Le petit lac à l’extrémité ouest du lot 6 est nommé « lac Saint-Jean » en l’honneur de la famille St-Jean. Les descendants des St-Jean (Pilon) possèdent encore une grande portion du territoire original du côté ouest du chemin du lac Mercier, tandis que toutes les parties des lots subdivisés entre le chemin et le lac ont connu plusieurs changements de propriétaires depuis.

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Le train du Nord

Virginie St-Denis,veuve d’ Honoré Mercier, était propriétaire de plusieurs lots dans la région, notamment aux endroits où passait la voie ferrée reliant le nord québécois à la métropole. Le grand rêve du curé Labelle allait bientôt se réaliser.

En mars 1897, Virginie vend plusieurs terrains à la compagnie de chemin de fer Montreal & Western Railway Company. La voie ferrée contourne le lac Sem (lac Mercier) en direction de La Conception et Labelle.

« Le train du Nord est bien le nom utilisé par le curé Labelle pour désigner « son chemin de fer » entre Montréal et Mont-Laurier.

Cette appellation continue d’être utilisée durant toute la durée d’utilisation de ce tronçon et spécialement par les cheminots et tous ceux qui travaillent sur les convois de marchandises. Pour tout le monde,  c’est le train du Nord.

Station Lac Mercier-Mont-Tremblant

En 1894, un sifflement de locomotive résonne le long du lac Mercier, et le passage de ce mastodonte fait frissonner les eaux du lac. Cependant ce n’est qu’à l’automne 1904 que le Canadien Pacifique érige une première gare.

Pour répondre à l’affluence toujours grandissante, surtout des chasseurs et pêcheurs, quelques années plus tard une deuxième gare plus fonctionnelle remplace la précédente.

Collection Jacques Poissant

En 1928, un hangar latéral est ajouté à la gare.

Une petite cour de triage et une voie d’évitement pouvant recevoir seize wagons est reliée à la voie principale. Le service de télégraphe est accessible le jour.

>>> lire davantage sur l’histoire du train dans les Laurentides…


 
Les hôtels du lac Mercier :
« Lac Mercier Inn » … Collection T. Borduas

Le lac Mercier attire les vacanciers, enchantés par la beauté du paysage, l’air pur, la pêche, la chasse et les activités nombreuses. Certains viennent dans la région simplement pour jouir du grand air, pour faire des balades en chaloupe sur le lac, ou pour profiter des plaisirs de la vie à l’hôtel. Les sports en plein air se répandent de plus en plus.

Devenue une destination touristique fréquentée par les mieux nantis, c’est la popularité du ski alpin qui attire les touristes  depuis les années 30-40.

À quelques heures de train de Montréal, tous ces plaisirs sont dorénavant accessibles. De plus, l’amélioration des routes et la démocratisation de l’automobile amène le tourisme de masse dans la région.

> Lire l’histoire de ces hôtels: …

Hôtel Mont-Tremblant

L’Hôtel Mont-Tremblant

 

Le Chalet du Lac

 

Le Manoir Lac Mercier

 

L’Hôtel Pointe du Rocher

 

Le  « Shadynook Inn »

Hôtel Chez-Soi & Bar Alpin (Coll. M. Gallagher)

 

Progression du développement autour du lac.

Ce n’est qu’en 1940 que le petit village du lac Mercier est devenu la municipalité de Mont-TremblantC’est aussi en 1940 que le lac Mercier a été intégré au territoire de la municipalité de Mont-Tremblant. Les lacs Mercier et Desmarais faisaient auparavant partie de la municipalité de Clyde ( La Conception).

Collection SOPABIC

La partie nord du lac Mercier était encore inhabitée jusque dans les années 1970, sauf pour quelques petits chalets construits à partir des années 30 en bordure de la voie ferrée. Ils n’étaient occupés que durant la saison estivale car il n’y avait pas encore de chemin pour y accéder.

Le « chemin des Boisés » a été développé à partir de l’année 1975. Ce sont Nicole Morin et Joël Yanow qui ont été les pionniers du développement de ce secteur du lac.

Plusieurs développements résidentiels sont apparus autour du lac depuis les années 90: “le Domaine du Lac Mercier” sur la rive nord, le “Cap Tremblant” sur la rive sud en haut du village,  “l’ Orée des Lacs” sur la rive est et enfin le “Domaine Privilège” sur le flanc ouest du lac.

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Les femmes propriétaires

Jusque dans les années 60, on constate que les noms de femmes propriétaires de terrains ou de lots n’apparaissent que lorsque leur mari est présent lors d’une transaction ou encore qu’il est décédé.

Les femmes mariées n’étaient pas autorisées à signer des contrats et ne pouvaient donc pas être propriétaires d’un lot ou d’un bâtiment. Elles devaient  obtenir l’autorisation écrite de son mari afin de pouvoir signer un contrat.

L’autonomie financière des femmes mariées

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Avant nous, ils ont marché sur cette terre, ils ont regardé ces montagnes et admiré ce lac …

En s’établissant sur les terres autour du lac Mercier, les pionniers ont réussi à accomplir le rêve des colonisateurs et nous ont laissé un beau territoire que nous avons le devoir de conserver.

L’influence des Mercier sur notre histoire locale.

Chaque chapitre nous a permis de prendre la mesure de l’influence des Mercier sur notre histoire locale.

De Honoré Mercier, détenteur de plusieurs lots dans la région du lac Mercier, à Virginie Saint-Denis, son épouse devenue  veuve, qui a vendu ces lots par lettres patentes, pour la construction du chemin de fer, le développement du territoire par les défricheurs et les colons, ou pour les opérations forestières de l’époque, au frère d’Honoré, Edouard-Henri Mercier, à sa fille Évelina Mercier (Alfred Beaudoin), puis à ses nombreux descendants, chacun, à sa manière, a perpétué l’influence de cette famille sur l’histoire de la région.

D’autres descendants de bâtisseurs et de familles pionnières de la région ont laissé leurs noms à l’histoire

François Archambault, propriétaire de l’hôtel construit par Joseph Dufour, dont la fille Anna Archambault  épousera Dr. Eugène Gervais, médecin à Mont-Tremblant, Henry Birks, propriétaire de lots du rang lll dans Grandison, entre les lacs Mercier et Tremblant,  et probablement d’autres qu’il reste à découvrir.

Rives11
Collection T. Borduas

J’espère que vous avez apprécié ce voyage dans le temps et dans l’histoire de notre petit coin de pays…

… Revenez nous visiter …

Thérèse Borduas.

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