Histoire...d'hier à aujourd'hui

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Arrivée du train vers 1940-1950.   Coll. Nicole Roch
Le lac Mercier à ses débuts

Selon les anciens colons, à la fin du 19e siècle, le lac Mercier s’appelait le lac Sem  (nom d’un ancien employé d’une compagnie forestière de l’époque).  Au tournant du siècle, le père Samuel Ouimet, premier curé de Saint-Jovite, l’a renommé lac Mercier en l’honneur d’ Honoré Mercier (1840-1894), premier ministre du Québec de 1887 à 1891 et l’un des plus grands premiers ministres dans l’histoire du Québec.

Ce n’est toutefois qu’en 1968 que le nom de Lac Mercier a été officialisé par la commission de toponymie du Québec.

Honoré Mercier

Assisté par le curé Antoine Labelle (1833-1891) le « Roi du Nord », Honoré Mercier a comme préoccupation de développer le territoire québécois et de promouvoir les intérêts de la colonisation et de l’agriculture.

Lire plus:   « Les Mercier, premiers villégiateurs« 

Honorable Honoré Mercier, le père et le fils

Répertoire du patrimoine culturel du Québec


Antoine Labelle

Quelques hivers particulièrement rigoureux (1871-72) et la nécessité de transporter du bois de chauffage  vers Montréal, ont eu raison des résistances des politiciens qui refusaient jusqu’alors de développer la voie ferrée vers les Laurentides. Le train se rendit bientôt jusqu’à Saint-Jérome.

Mais le curé Labelle voyait plus loin et voulait continuer la colonisation sur de nouvelles terres vers le Nord. Il rêvait aussi d’y amener des  touristes en quête de dépaysement, pour profiter des paysages grandioses et des nombreuses ressources dont les « Cantons du Nord » regorgeaient.

L’extension de la voie ferrée vers le Nord était essentielle à la réalisation de ce rêve.

Collection SOPABIC

La vision du « Roi du Nord » de prolonger la voie ferrée au delà de la montagne de « La Repousse » (Saint-Faustin) devient réalité.

Le train peut désormais amener travailleurs et touristes dans les Vallées de la Diable et de la Rouge, jusqu’au terminus de la Chute aux Iroquois  (Labelle) en 1893.

Portrait du curé Labelle

Histoire de chez-nous / Antoine Labelle

Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Collection Société du Patrimoine SOPABIC

 

Au lac Mercier en 1905, l’inauguration de la gare permet dorénavant au « Train du Nord » d’arrêter dans le petit village, ce qui donne un nouvel essor au développement de la région.

Train … Collection C.P.

Industrie et tourisme

À cette époque, l’industrie forestière était très importante. Une usine qui fabrique des produits chimiques à partir du bois, la Standard Chemical, s’installe dans le petit village du lac Mercier (sur l’actuelle rue Du Couvent).

extrait de Mont-Tremblant, d’hier à aujourd’hui.
Collection Jacques Poissant

 

 La Standard Chemical  employait beaucoup de travailleurs, qui devaient être logés près de l’usine. La compagnie a alors fait construire un hôtel et des maisons le long de la voie ferrée qui desservait la compagnie, pour y loger son personnel.

Tiré de « Mont-Tremblant 1940-1990 »

 

D’autres hôtels furent bientôt érigés autour du lac Mercier. Vers 1930, pas moins de 5 hôtels attiraient une clientèle de plus en plus nombreuse et variée.

La Standard Chemical demeurera  en opération jusque vers 1926. À cette époque, l’industrie touristique découvre les « Pays d’en Haut » et la clientèle des milieux bourgeois anglophone et francophone devient plus importante dans la région. Le tourisme remplace l’industrie de transformation du bois, qui commence alors à décliner. L’église du lac Mercier est érigée en 1929 sur le flanc de la montagne face au lac.

Les oubliés: Charles-Hector Deslauriers

Le Curé Deslauriers   un sauveur pour Mont-Tremblant

Lac Mercier 1930.   Collection Marc Calvé
Collection Jacques Poissant

 

Collection Pierre McCabe
Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

 

 

Lieu de villégiature

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

 

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

 

Collection Pierre McCabe
Lac Mercier 1963. Collection Stéphane Martin

 

 Pour en savoir plus sur l’histoire de Mont-Tremblant


Le train du Nord

Virginie St-Denis, l’épouse d’ Honoré Mercier, était propriétaire de plusieurs lots dans la région, notamment aux endroits où passait la voie ferrée reliant le nord québécois à la métropole. Le grand rêve du curé Labelle allait bientôt se réaliser.

En mars 1897, Virginie vend plusieurs terrains à la compagnie de chemin de fer Montreal & Western Railway Company. La voie ferrée contourne le lac Sem (lac Mercier) en direction de La Conception et Labelle.

« Le train du Nord est bien le nom utilisé par le curé Labelle pour désigner « son chemin de fer » entre Montréal et Mont-Laurier.

Cette appellation continue d’être utilisée durant toute la durée d’utilisation de ce tronçon et spécialement par les cheminots et tous ceux qui travaillent sur les convois de marchandises. Pour tout le monde,  c’est “le train du Nord”.

L’histoire du train du nord, de 1868 à 1996 … (du train du curé Labelle au parc linéaire) , 

(Textes extraits de « Le train du nord vers Labelle », publié par la Société d’Histoire de Chute aux Iroquois)

En 1937, le Montreal & Western Railway Company se départira de plusieurs parcelles de terrains qu’elle possédait en bordure du lac Mercier.

Des petits chalets seront construits entre la voie ferrée et le lac entre 1937 et 1968.

Ces petites résidence de villégiature utilisées durant l’été, sont des témoins du passé et conservent toujours leur cachet d’autrefois.  (voir la section:  à chacun sa petite histoire)

Coll. Canadian Pacific

« Le chemin de fer des Laurentides sert d’abord au ravitaillement des premiers colons et aussi au transport du bois vers Montréal. Il permet l’établissement de lieux de villégiature et de clubs de chasse et pêche. L’engouement pour les sports d’hiver prend son essor vers 1925. Les premiers “trains des neiges” amènent de nombreux skieurs dans les Pays-d’En-Haut. Puisque la route n’est accessible l’hiver qu’à partir de 1937, une infrastructure d’accueil est alors mise en place, grâce au tourisme d’hiver et les deux industries, touristique et ferroviaire se développent parallèlement. »     Extrait de « Le train du nord vers Labelle », publié par la Société d’Histoire de Chute aux Iroquois.

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Lire aussi: Le chemin de fer / Antoine Labelle

L’historique du parc linéaire a été résumé dans l’introduction du jugement Langlois du 30 novembre 2004, (ìnterdiction aux motoneigistes de circuler sur le parc linéaire), dont voici un extrait:

…« Le chemin de fer entre St-Jérôme et Mont-Laurier est construit au début du 19e siècle; l’emprise ferroviaire (l’emprise) appartient au Canadien Pacifique (CP).

 Après un grand essor, il subit, durant les années 1970, un déclin : la fréquence des convois hebdomadaires de marchandises diminue et le service de transport de passagers est abandonné….

 Durant les années 1980, le CP cesse complètement le transport de marchandises et obtient, éventuellement, l’autorisation d’abandonner les voies ferrées.

[20] Les rails sont démantelées  durant les années 1990.

 [21] Le Gouvernement, dès la fin des années 1970, montre un intérêt à acquérir éventuellement l’emprise, tout comme d’autres emprises ferroviaires abandonnées, afin qu’elles soient utilisées à des fins publiques.

 [22] La MRC des Laurentides, le 12 janvier 1989, adopte une résolution se prononçant en faveur de l’abandon du service ferroviaire St-Jérôme/Mont-Laurier et de l’aménagement d’un parc linéaire sur l’emprise. »…

          Pour en savoir plus sur la décision du juge Langlois


Les hôtels construits au début du siècle :
« Lac Mercier Inn » … Collection T. Borduas

Le lac Mercier attire les vacanciers, enchantés par la beauté du paysage, l’air pur, la pêche, la chasse et les activités nombreuses. Certains viennent dans la région simplement pour jouir du grand air, pour faire des balades en chaloupe sur le lac, ou pour profiter des plaisirs de la vie à l’hôtel.

Les « années folles » battent leur plein et les sports en plein air se répandent de plus en plus. À 12 heures de train de Montréal, tous ces plaisirs sont dorénavant accessibles.

Hôtel Mont-Tremblant

« L’hôtel Mont-Tremblant », dont on peut encore reconnaître l’architecture du début du siècle, fut le premier hôtel de villégiature à être construit dans la région.

Collection P. Bourget

L’hôtel fut construit en 1902 pour loger les travailleurs de l’usine du village, la Standard Chemical.

En plus d’y loger des travailleurs de la compagnie de transformation du bois, l’hôtel desservait la gare du lac Mercier, tout près de là.

L’hôtel bourdonnait d’activité en attendant l’arrivée du train hebdomadaire. Les gens s’y rassemblaient en grand nombre jusqu’à ce que le courrier tant attendu, tout juste délivré par le train, soit estampillé au bureau de poste de l’autre coté de la rue.

 

  

Collection: M. Duclos
Collection: M. Duclos

 

 

 

Suite à un incendie majeur dans le village, l’hôtel fut rebâtit en 1918.

Ce n’est que vers 1937 que l’hôtel commence à héberger des skieurs attirés par le Mont-Tremblant.

Photo P. Bourget
Collection: Pierre McCabe

On a longtemps connu l’hôtel sous le nom de « Lac Mercier Inn ».


Le Chalet du Lac

Sur l’actuel site de l’édifice « Félix Calvé » ( l’ancien hôtel de ville de la municipalité de Mont-Tremblant), avait été construit au début du siècle le « Chalet du lac ».

Collection SOPABIC
Snack bar devant l’hôtel Chalet du lac, vers 1946
Collection: Peter Duncan

Le Chalet du Lac aurait plus tard été occupé pendant quelques années par le curé Charles Hector Deslauriers, avant d’être détruit par un incendie au début des années 50.


Manoir Lac Mercier

Selon lla capsule audio: « Les Mercier, premiers villégiateurs« , les héritiers d’Honoré Mercier, restés propriétaires de quelques lots sur la rive est du lac, auraient établi sur un de ces lots, une très jolie villa où la famille allait, à chaque année, passer les mois de villégiature. La villa est devenue plus tard le « Manoir Lac Mercier ».

Le  Manoir Lac Mercier, longtemps exploité par Jeanne Desormeaux et Joseph « Pitt » Pépin, a attiré une clientèle nombreuse jusque dans les années 60, période où le Manoir fut détruit par un incendie.

Vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

Ma jeunesse au temps du Manoir Lac Mercier… par Nicole Roch

Le nom du « chemin Plouffe » tient son origine de la famille Plouffe, qui possédaient quelques propriétés sur ce chemin, dont le Manoir Lac Mercier. Ce pionnier, Edouard Plouffe, a également été hôtellier à Saint-Jérome, l’hôtel Plouffe.

Sa fille Gabrielle Plouffe-Monette, a habité sur le chemin Plouffe jusqu’à son décès en 1996.

Généalogie des Pionniers


Pointe du Rocher

L’Hôtel « Pointe du Rocher », dont la construction originale remonte avant 1926, fut jadis nommé « Le Belvedère » par son propriétaire, M. Syracuse.

Collection Brien Benoit

 

Collection Brien Benoit

En 1936. Hector Calvé acquiert la propriété et la transforme en hôtel. C’est la naissance de « l’hôtel Pointe du Rocher ».

Le lieu devient un endroit très convoité par de nombreux touristes jusque dans les années 70.

1936. Collection Brien Benoit
Collection Brien Benoit

L’Hôtel « Pointe du Rocher » à l’époque de la famille Calvé

vers 1950, Collection Marc Calvé
Collection Brien Benoit

La propriété est maintenant une maison privée.


Shady Nook Inn »    et     « Hôtel Windermere  

On retrouvait également sur la rive ouest du lac, 2 autres hôtels, le « Shady Nook Inn » et « l’Hôtel Windermere ».

Hôtel Windermere  et Shady Nook Inn vers 1940-1950. Coll. Nicole Roch

La  «Rue Harrison » où étaient érigés les 2 hôtels, a été nommée en l’honneur de Kenneth Harrison, fondateur du Club de ski Mont-Tremblant en 1935.

 

Shady Nook Inn   Collection: Société du Patrimoine SOPABIC

Durant les années 1935-1940, Kenneth Harrison était gérant du « Shady Nook Inn ». En 1952, le « Camp Kinneret-Biluim » a acquis l’emplacement et l’édifice du « Shady Nook » a été utilisé pendant de nombreuses années avant d’être remplacé par de nouvelles constructions en 1972.

Près de là, «l’hôtel Windermere », propriété d’Armand Bastien dans les années 40, a attiré les vacanciers pendant une vingtaine d’années.  

Collection photostream: Armand Bastie

Sur la villégiature au lac Mercier, voir le site « Circuit patrimonial / Ville de Mont-Tremblant.


 
Le développement autour du lac et dans le bassin versant
Progression du développement autour du lac.

Ce n’est qu’en 1940 que le petit village du lac Mercier est devenu la municipalité de Mont-Tremblant.

Collection SOPABIC

 Lire sur le développement touristique de la région

La partie nord du lac Mercier était encore inhabitée jusque dans les années 1970.

Quelques petits chalets construits à partir de 1937 en bordure de la voie ferrée, n’étaient occupés que durant la saison estivale.

(voir la section:  à chacun sa petite histoire)

Coll. T. Borduas
 
Coll. J-P. Bernard
 
 
Collection P. McCabe

Le « chemin des Boisés » a été développé à partir de l’année 1975. Ce sont Nicole Morin et Joël Yanow qui ont été les pionniers du développement de ce secteur du lac.


Le développement du bassin versant

Plusieurs développements résidentiels sont apparus autour du lac depuis les années 90: “le Domaine du Lac Mercier” sur la rive nord, le “Cap Tremblant” sur la rive sud en haut du village,  “l’ Orée des Lacs” sur la rive est et enfin le “Domaine Privilège” sur le flanc oueat du lac.

Ces développements préoccupent les résidents, qui s’inquiètent de l’impact environnemental de ces travaux majeurs sur les rives du lac et sur la qualité de l’eau.

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Collection. T. Borduas

L’Association des résidents du lac Mercier, porte-parole des riverains, intervient afin de protéger le lac et contrôler le développement grandissant:

  • En 1989, l’Association des résidents du lac Mercier commande à la firme EAT une étude d’impact environnemental dans le cadre d’un projet de développement domiciliaire « Développement Molson-Larivière », du côté est du lac. On connait maintenant ce développement comme celui de l’Orée-des-Lacs.
  • Interventions pour la protection des sommets de montagnes menacés par de nouveaux projets de développement immobilier (Orée-des-lacs, Cap Tremblant)
  • Représentations à la Ville de Mont-Tremblant et à la MRC lors du projet d’agrandissement du périmètre urbain du village, voulant augmenter la densité d’habitation et créer une zone commerciale au Cap Tremblant (2003-2004)
  • Dépôt d’un mémoire (mars 2003) à la Ville portant sur l’harmonisation des règlements d’urbanisme
  • Interventions lors du déboisement intensif dans la 2e phase du projet de développement immobilier en 2004 (Domaine Privilège) sur le versant ouest du lac
  • Demandes de limitation de la densité du développement immobilier dans le bassin versant du lac Mercier (2005)
  • Collaboration avec Environnement Mont-Tremblant dans un Mémoire présenté au Ministère de l’Environnement portant sur le « Projet de Plan de développement durable du Québec » ( février 2005)
  • Interventions pour la protection des tributaires importants du lac Mercier
  • Participation à la consultation pour le Développement durable (2008)
  • Appui auprès du CRE Laurentides à la Charte des paysages naturels et bâtis des Laurentides (2004-2005)
  • Demande à la Ville de ne pas autoriser davantage d’habitations à caractère commercial autour du lac (2008)

Les résidents du lac Mercier doivent faire preuve de vigilance face aux projets de développement domiciliaire et nouvelles constructions autour du lac.

Plusieurs projets de développement ont transformé graduellement l’aspect visuel du bassin versant du lac Mercier.

Les résidents souhaitent ardemment que le milieu de vie qui caractérise le secteur du village ne disparaisse pas dans un tourbillon d’urbanisation.

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Collection T. Borduas
Les constructions en bande riveraine :

La ville de Mont-Tremblant a modifié le règlement concernant les dérogations mineures, afin d’interdire toute construction dans la bande riveraine du lac. Aucune dérogation mineure n’est dorénavant accordée pour toute nouvelle construction ou agrandissement d’un bâtiment à l’intérieur de la bande riveraine.

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Collection T. Borduas

Règlement municipal concernant les propriétés riveraines

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