Les Pionniers des versants Sud et Sud-Est du lac

lac Mercier 1963, vue sud-nord   coll. Stéphane Martin
Photo de France Grondin

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Depuis l’arpentage et la division des cantons dans les comtés de Labelle et Terrebonne dans les années 1871-1883, le petit village de Mont-Tremblant et l’extrémité sud-est du lac Mercier font partie du canton de Grandison (comté de Terrebonne).

Pour ce qui est du « lac Sam » (Mercier) et du « lac au Poisson » (Desmarais), ces lacs sont localisés dans la « Municipalité de Clyde » (La Conception) (comté Labelle).

BAnQ-Lots-Canton-Clyde-lac-Sam-1889

La municipalité de Mont-Tremblant est créée en avril 1940.

La situation géographique et le développement de l’activité touristique suscitée par le Mont-Tremblant amènent la Municipalité de Mont-Tremblant à intégrer au sein de son territoire, les lots du Canton de Clyde adjacents où sont situés les lacs Mercier et Desmarais. Les lots des rangs D (à l’ouest) et E (à l’est et au nord du lac) du Canton de Clyde font dorénavant partie de la Municipalité de Mont-Tremblant.

La Municipalité du Canton Clyde changea officiellement de nom en 1946 pour « Municipalité de La Conception ».

 

 

Voir:  « Politique familiale », Municipalité La Conception  

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Les lots autour du lac « Sam » (Mercier)

Des habitants installés dans la région obtiennent des « billets de location » ou par l’octroi de « Lettres Patentes» pour des lots qu’ils veulent acquérir autour du lac Mercier et s’engagent à défricher.

L’Honorable Honoré Mercier avait réservé plusieurs lots dans la région afin de permettre l’installation du chemin de fer et le développement du territoire.

En 1892, plusieurs lots avaient d’abord été réservés pour Honoré Mercier, sa famille et quelques fidèles amis, ces lots étant pour la plupart, jugés impropres à la culture. Les lots réservés n’ont donc pas été mis à la disposition des colons.

Le 17 novembre 1896, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier décédé 2 ans auparavant, acquiert du gouvernement du Québec suivant un octroi qu’elle s’est vu accorder, plusieurs lots du rang ll dans le Canton de Grandison, ainsi que pour la presque totalité des lots des rangs D et E du canton de Clyde. Elle détient aussi les Lettres patentes pour les lots 46 (Grandison) et 52 (Clyde) où est localisée la voie ferrée.

Dans le secteur du lac Mercier, Virginie St-Denis détient donc les lettres patentes pour :

-les lots 36 (67 acres) et 37 (31 acres), ainsi qu’une partie du lot 35 du 2e rang du canton de Grandison. (village et sud du lac Mercier),

-les lots 1, 2 et 3 du rang D du Canton de Clyde (lots adjacent au canton de Grandison, au sud du lac Mercier)

-les lots 4 à 8 du rang D du Canton de Clyde ( côté ouest du lac Mercier),

– les lots 1 à 8 du rang E du Canton Clyde (côté est et nord du lac Mercier),

lot 52 du Canton de Clyde et lot 46 du Canton de Grandison: (une bande de terrain longeant le lac, où passe le chemin de fer).


Versants Sud et Sud-Est du lac Mercier
Les lots 1 et 2 du rang D du canton de Clyde: (Est)

( de 222 à 156 chemin Plouffe)

À la fin du 19e siècle, Bénoni St-Jean, un menuisier du canton de Clyde, obtient les lettres patentes du gouvernement du Québec pour les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton Clyde, soit tout le secteur sud du lac Mercier adjacent au canton de Grandison.

Sur ce vaste territoire au sud du lac, des bâtisses sont bientôt érigées.

Le 18 juillet 1902, il vend ces trois lots à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde.

Jérémie Bonnier avait immigré de France en 1902.

Quatre mois plus tard, le 18 novembre 1902, Jérémie Bonnier vend toute la partie Est des lots 1, 2 et 3 du rang D à Joseph Cyr, un entrepreneur de St-Jovite.

Lots 1,2,3 rang D (Est) Clyde

Joseph Cyr (veuf de Delphine Trudel) vend ses lots à Donalda Renaud (veuve de Wilfrid Guay) le 14 mai 1917. Le même jour, Donalda revend ces mêmes lots à William Middleton (Pauline Paiement).

C’est le 12 novembre 1918 que Louis Letendre (Éléonore Rochon) devient à son tour propriétaire d’une partie des lots et des bâtiments qui y sont érigés.

-Louis Letendre vend à Joseph Lévi Bougie (Yvonne Touchette) le 7 mars 1922. Entre mars 1922 et février 1930, plusieurs propriétaires possèdent les lots 1, 2 et 3, puis ces lots sont subdivisés.

William Middleton conservera la partie nord du lot 1.

Le 23 février 1930, Arthur Dauphin, chef de gare, vend le lot 1-2 du rang D à Victoria Desroches, veuve d’Ulric Surprenant,

Victoria Desroches vend le lot 1-2 avec les bâtisses qui y sont érigées à l’hôtelier Edouard Plouffe (Ernestine Coupal) le 10 septembre 1937. Edouard Plouffe devient alors propriétaire de tout le terrain derrière le « Manoir lac Mercier« , dont il est propriétaire depuis 10 ans.

Les résidences construites en bordure du lac sont maintenant propriétés des familles: C. Tétreault, Macdonald, Dalbec, McCabe, Bergevin-Royer, Brus, Sachs et Roy-Collibee.

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Les chalets entre la voie ferrée et le lac, sur la rive est du lac.

(secteur du « chemin Plouffe » )

-Le 12 novembre 1896, le 25 mars 1897, le 30 octobre 1906 et le 31 décembre 1914, en vertu des lettres patentes qu’elle détient du gouvernement du Québec, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier, transfère ses droits de propriété à la Montreal & Western Railway Co., soit toute la partie du terrain sur laquelle est installée la voie ferrée.

Cette bande d’une largeur de 40 pieds de chaque côté du milieu la voie ferrée est l’espace alloué pour le chemin de fer. Les portions excédentaires entre le lac et la voie ferrée non utilisées par la compagnie de chemin de fer, sont dorénavant la propriété de la compagnie et celle-ci dispose du droit de vendre ces portions de terrain.

Le long du lac Mercier, cette bande de terrain dans le canton de Clyde deviendra le lot 52 dans le canton de Clyde.

Collection Pierre McCabe

À partir de 1922, la Montreal & Western Railway Company, propriétaire du lot 52 du rang D et E, se départit graduellement de plusieurs parcelles de terrains qui ne lui sont pas utiles entre la voie ferrée et le lac. C’est alors qu’on voit apparaître de petits chalets construits sur les rives est et nord du lac Mercier.

Des maisons sont construites sur les pointes de terrain qui s’avancent dans le lac. Ces résidences de villégiature sont utilisées durant l’été. Il n’y a pas de route et le transport des matériaux nécessaires à la construction est difficile.

Plusieurs de ces chalets, témoins du passé, ont réussi à conserver leur cachet d’autrefois.

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Les premiers propriétaires sont :

Georges Edouard Ponthieu, originaire de Paris en France, immigre au Canada en 1907. Déjà installé sur la rive ouest juste de l’autre côté du lac, il décide de vendre son petit hôtel, le « Shadinook » le 25 avril 1921.

Moins d’un an plus tard, le 25 février 1922, il achète de la Montreal & Western Railway Co. une grande surface de terrain au niveau du lot 1 du rang D et y a construit cette belle maison dont on peut encore apprécier l’architecture aujourd’hui.

En mai de la même année, il achète de William Middleton le terrain de l’autre côté de la voie ferrée, soit la partie Nord du lot 1 du rang D.

Collection P. McCabe

Le 24 avril 1946, quelques années après le décès de Georges Ponthieu en 1939, la propriété est achetée par Adélaide Tullet, qui y exploite pendant un certain temps, le petit hôtel « Lake Breeze » et le restaurant « La Savoyarde », avantageusement situés face au village et très appréciés par les touristes de plus en plus nombreux dans la région.

(voir : « Il était une fois… » :  « à chacun sa petite histoire )

C’est le 15 octobre 1957 que l’enseignant Yves Gravel acquiert la propriété et l’occupe pendant plusieurs étés jusqu’à son décès en février 2013. Les membres de sa famille occupent maintenant cette belle propriété historique, les Bergevin et McCabe.

Coll. Pierre McCabe

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-Tout près de là, le 1er mars 1950, la Montreal & Western Railway Co. vend une petite parcelle de terrain à Joseph Edgar Eaton. Un petit chalet y est érigé au bord de l’eau.

La propriété est transférée à son fils Douglas Eaton en 1966. Ses descendants occupent encore aujourd’hui le chalet sur la rive.

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-En  avril 1934, William Bedford Harper, ingénieur civil vivant à Outremont, achète du Montreal & Western Railway, un terrain entre le lac et la voie ferrée formant une pointe dans le lac au niveau des lots 2 et 3 du rang D du canton de Clyde, du côté est du lac. Deux maisons y seront érigées.

Décédé en 1956, sa succession conservera la propriété jusqu’en janvier 1976, alors qu’elle est acquise par un administrateur Montréalais, René Bergevin (Monique Gravel), qui la revend l’année suivante à René Langevin le 21 février 1977. Maryse Roy et Peter Collibee en sont maintenant les propriétaires.

C’est en face de cette pointe de terrain qu’émerge de l’eau la roche jaune devenue un repère pour les nageurs.


Les lots 36 et 37 du rang 2 du canton de Grandison

(de 155 à104 chemin Plouffe et de 1894 à 1665 chemin du Village)

Le  6 octobre 1899, Virginie St-Denis, vend les lots 36 (67 acres) et 37 (31 acres), ainsi qu’une petite partie du lot 35 du 2e rang du canton de Grandison (comté Terrebonne), à son beau-frère Edouard-Henri Mercier, officier de douanes de Montréal.

Ces lots adjacents au lac Mercier, sont situés à la limite du canton de Clyde (comté Labelle).

Edouard-Henri Mercier devient ainsi propriétaire des lots adjacents au lac Mercier Ce vaste territoire couvre environ le lac dans sa partie sud et sud-est.

Collection SOPABIC …- vers 1918

Un fait intéressant : les Mercier possèdent un îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37.  Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés jusqu’en dans les années 30.

BAnQ-Lac-Mercier-et-ilot-1

Les Mercier avaient construit vers 1892, un camp à l’extrémité du lot 37 du 2e rang de Grandison à la limite du lot 1 du rang D de Clyde, Cet endroit était la retraite favorite de l’Hon. Honoré Mercier, alors qu’il était premier ministre. Il s’y rendait souvent en compagnie de ses deux fils et de son frère Edouard-Henri.

Son fils Honoré Mercier ll y est photographié en 1895 en compagnie d’amis et de politiciens:

BAnQ-camp de pêche des Mercier-1895

Une villa familiale remplacera le camp de pêche des Mercier et la famille d’Edouard-Henri Mercier y passe ses vacances estivales.

« Les Mercier, premiers villégiateurs« 

Plusieurs petits chalets ont été construits autour de la Villa, dont certains sur les lots adjacents. Une partie des lots 1 et 2 du rang D du canton de Clyde dans le comté voisin, sera acquise plus tard.

Coll. Nicole Roch

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier, qui devient propriétaire de presque tout le territoire adjacent au lac dans sa partie sud-est.

Lorsqu’ Évelina Mercier décède en septembre 1920, ses propriétés sont léguées à son époux, Alfred Beaudoin, ainsi qu’à ses 6 enfants. Les enfants Beaudoin continuent de fréquenter le lac Mercier pendant plusieurs années.

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Manoir Lac Mercier et chemin Plouffe

Le lot 37 sur lequel a été construite la villa des Mercier, a un nouveau propriétaire le 20 novembre 1926: Victoria Desroches, veuve d’Ulric Surprenant, en son vivant voiturier de l’État du Massachusetts, acquiert la propriété et la transforme en maison de pension de 12 chambres. La villa devient le « Manoir Lac Mercier« .

Collection Nicole Roch

L’année suivante, le 9 novembre 1927, Victoria Desroches vend la propriété à Edouard Plouffe (Ernestine Coupal), hôtelier de Saint-Jérôme, mais elle  continue toutefois à gérer l’hôtel jusqu’à la fin des années 30.

La famille d’Edouard Plouffe habitait St-Jovite au début du siècle et était propriétaire de plusieurs hôtels dans les Laurentides. Xavier Plouffe, le père d’Edouard, était hôtelier en 1901. Edouard Plouffe, 8e de 14 enfants, prend la relève après le décès de son père en 1910. Lorsqu’il achète le Manoir Lac Mercier, il est déjà propriétaire de l’hôtel près de la gare du Canadien Pacifique à Saint-Jérome depuis 1921, l’hôtel Plouffe.

Un an après le décès de son épouse Ernestine Coupal, Edouard Plouffe vend le « Manoir Lac Mercier » le 3 octobre 1947 à Joseph «Pit» Pépin et Lionel Vaillancourt. Celui-ci se retire en octobre 1949.

Joseph « Pit » Pépin et son épouse Jeanne Desormeaux administrent l’hôtel jusqu’en novembre 1955.

Coll. Nicole Roch
Coll. Nicole Roch

voir  « Ma jeunesse au temps du Manoir Lac Mercier… « À chacun sa petite histoire )

Le Manoir Lac Mercier a attiré une clientèle nombreuse jusqu »à l’hiver 1956, alors qu’il fut détruit par un incendie.Quelques petits chalets ont toutefois été préservés. Un de ceux-là, ayant appartenu à Judes Tétreault, est maintenant propriété de Doug Macdonald.

Après avoir changé de propriétaires à plusieurs reprises, Anita Beauchesne et Jude Tétreault en deviennent propriétaires le 15 décembre 1960.

BAnQ-La Patrie 17 janvier 1956

Le site de l’ancien hôtel ainsi que les petits chalets de l’époque appartiennent maintenant à Christiane Tétreault.

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Le nom du « chemin Plouffe » tient son origine de la famille Plouffe, qui ont possédé plusieurs propriétés sur ce chemin près du centre du village.

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Les héritiers d’Alfred Beaudoin (Évelyne Mercier), se départissent graduellement des terrains qu’ils possèdent en bordure du lac.

De nos jours, la propriété voisine de l’ancien Manoir Lac Mercier, appartient à Claude Valade.

En se dirigeant vers le village, on arrive à « l’Hôtel Mont-Tremblant ». Le terrain en arrière de l’hôtel, a d’abord appartenu à François Archambault, avant d’être vendu à Marcellin Hallé en septembre 1905. M. Hallé y avait construit une petite maison derrière l’hôtel.

En juin 1919, la propriété fut achetée par Donalda Renaud, veuve de Wilfrid Guay, également propriétaire de l’hôtel le « Lac Mercier Inn ».

L’ancienne maison de Marcellin Hallé fut détruite lors de l’incendie qui a ravagé le secteur ainsi que le Lac Mercier Inn en 1923. Reconstruite peu après l’incendie, la maison existe encore cent ans plus tard véritable témoignage de cette époque révolue.

Dans le but de profiter de l’air de la campagne et sur recommandation de son médecin, Irène Bréard, l’épouse du bijoutier montréalais Damien Poissant, acquiert la propriété en octobre 1924.

La maison ancestrale centenaire est encore occupée aujourd’hui par Jacques Poissant, un descendant d’Irène et Damien Poissant.

En août 1935, la succession d’Évelina Mercier a vendu à Irène Bréard et Damien Poissant, la petite parcelle de terrain sur le bord de l’eau pour y ériger un petit garage. La famille Poissant possède ainsi d’un terrain sur la rive sud-est du lac.

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Le terrain entre le lac et le chemin conduisant au « Manoir Lac Mercier », tout près du « Lac Mercier Inn » appartenant à la famille Mercier, était tout indiqué pour les activités de villégiature. C’est ainsi qu’au début du 20e siècle, on voit apparaitre un terrain de tennis qui devient vite une belle attraction pour les vacanciers durant la saison estivale.

Collection SOPABIC …- vers 1918

Le tennis en était à ses débuts au Québec en 1876. Un article de Paul Bernier dans « Québecensia » du 3 novembre 2010 se lit ainsi :

« Quand le tennis arrivait à Québec, 1876-1905 »

Québecensia – 3 novembre 2010.

En 1889, Mme Honoré Mercier était l’une des dames patronnesses du club de tennis installé sur le gazon devant le parlement de Québec « Quebec Lawn Tennis Club« . On peut supposer qu’elle ait été l’instigatrice de l’installation d’un terrain de tennis près de la villa où les Mercier venaient passer leurs étés.

BAnQ : Annuaires ville de Québec 1889-1890

Lire l’article: « Histoire du tennis »

Ce terrain devient la propriété de Victorine Hamel et François d’Assise Barette en 1926, alors propriétaires de l’hôtel juste à côté.

C’est en septembre 1939 que Raoul Meilleur, maître de pension, puis maître de poste du lac Tremblant, acquiert ce terrain sur le bord de la rive.

M. Legault possède déjà un terrain à l’est, tandis qu’Eugène Dicaire est installé du côté ouest, près de la gare.

Coll. Nicole Roch

Ces terrains sur la rive du lac connaitront d’autres propriétaires durant les décennies qui suivront, dont Roy Fetherstonhaugh, qui y construira l’auberge Onwego en 1973.

De nos jours, trois résidences privées occupent cet espace de la rive. Elles sont possédées par Pauline Nolan-Benoit Poupart, Hélène Duclos-Richard Herman et Nathaly Fugère-Stéphane Guilbault.

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La rive sud du lac

La succession d’Évelina Mercier puis d’Alfred Beaudoin, décédé en 1934 s’est départie de la majorité des parties de lots dans ce secteur.

Plusieurs parties des lots 35 et 36 en bordure du lac et le long de la voie ferrée ont été vendues par la succession Ces bâtisseurs y ont érigé des habitations ainsi que quelques commerces, dont l’Hôtel Mont-Tremblant.

BAnQ-Hôtel Mont-Tremblant et baie sud-est

Près de la gare :

En août 1934, Eugène Dicaire (Anna Gauthier) avait acquis le premier terrain sur le bord du lac après la traverse de chemin de fer lorsqu’on empruntait le chemin pour se rendre au Manoir Lac Mercier. Il y a érigé une des premières maisons riveraines dans ce secteur.

Eugène Dicaire était barbier au lac Mercier en 1938 et y a vécu avec sa famille pendant plusieurs années. Devenu veuf, il vend en 1950 une partie de sa propriété à son frère Lionel Dicaire.

Cette propriété a été acquise par la famille Saint-Louis dans les années 60, où on verra plus tard apparaître le Pavillon, une annexe de la Porte Rouge.

L’Auberge Porte Rouge ainsi que le Pavillon, ont été acquis par la Ville de Mont-Tremblant puis détruits en mai 2021 pour y aménager un espace public.

Le site du « Chalet du Lac » :

Collection Jacques Poissant

Charles St-Louis (Dorina Tassé) a acheté en janvier 1953, le vaste terrain entre le chemin du Village et le lac (de nos jours la plage du lac Mercier), ainsi que le terrain de l’autre côté du chemin où se trouvaient les ruines du Chalet du Lac, détruit par un incendie quelques mois plus tôt.

Le terrain où était l’hotel maintenant en ruines, est immédiatement revendu à la municipalité de Mont-Tremblant. C’est sur ce site, acquis par la Commission scolaire, que fut construite l’école Dominique-Savio.

Par la suite, la municipalité de Mont-Tremblant est redevenue propriétaire et y a aménagé l’hôtel de ville dans l’Édifice Félix-Calvé jusqu’à la fusion des municipalités dans les années 2000.

L’Édifice Félix-Calvé demeure propriété de la Ville de Mont-Tremblant.

Le terrain entre le chemin et le lac (la plage) est également immédiatement revendu par Charles St-Louis à la municipalité de Mont-Tremblant en janvier 1953.

Charles Saint-Louis conserve cependant la partie de terrain entre le chemin et la voie ferrée, où il exploitait un petit restaurant, le Snack Bar.

Snack bar devant l’hôtel Chalet du lac, vers 1946
Collection: Peter Duncan

Au petit restaurant, s’ajoutent bientôt des chambres. C’est le début de « l’Auberge Porte Rouge ».

BAnQ vers 1980

En septembre 1959, leur fils Raymond Saint-Louis prend la relève de l’entreprise et poursuit les acquisitions des propriétés voisines, dont l’ancienne résidence du curé Deslauriers au coin de la rue Du Couvent.

Cette résidence du curé abritait durant les années 80 le populaire restaurant « l’Abbé du Nord ».

BAnQ – résidence du curé Deslauriers en 1941

Peter Duncan écrit dans sa chronique de novembre 2020 «Les Oubliés : La famille Saint-Louis » :

… »En 1960, Claude et Raymond (les enfants de Charles et Dorina) développèrent le Mont Plaisant, en plein cœur du Village. »…

Photo D. St-Louis

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Ces témoins du passé :

Le 7 septembre 1929, en même temps que s’achevait la construction de l’église dont il participait à la construction avec Euclide Dubois, le menuisier Azarias Lauzon, achète de la famille Beaudoin, le terrain en face de l’Hôtel Chalet du Lac, entre le chemin public et la voie ferrée.

Azarias termine la construction en 1930 de la jolie maison dont on peut encore apprécier l’architecture de nos jours.

Le 1er octobre 1940, il acquiert le reste du terrain entre le chemin et la voie ferrée, qui se prolonge devant l’église.

En 1980, Azarias Lauzon, alors âgé de 89 ans, transfère sa propriété à son neveu Jacques Lauzon, le fils de son frère Emile. Azarias continue d’y demeurer quelque temps avec la famille de Jacques.

L’enseigne « Chez mon oncle », longtemps affiché près de la porte d’entrée, était un beau clin d’œil à l’histoire de cette maison.

La famille St-Louis possédant la propriété voisine, la Porte Rouge, en deviendra plus tard propriétaire, avant la plus récente acquisition par la Ville de Mont-Tremblant

Cette maison ancestrale était aussi connue comme « Chalet Charlie », du temps où la propriété fut possédée par les descendants de Charles St-Louis.

Aujourd’hui, la Ville de Mont-Tremblant possède la plage municipale et la plupart des habitations adjacentes, la gare et sa galerie d’art, l’actuel Édifice Félix-Calvé, (l’ancien Chalet du Lac, puis l’école Dominique Savio, puis l’hôtel de ville de la municipalité), ainsi que  la salle de spectacle logée dans  l’ancienne Eglise de la Mission de Mont-Tremblant.

 

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Le chemin du Village

Les premiers acquéreurs des terrains le long du chemin du village au sud du lac, où la voie ferrée longe le lac ont été: François Sigouin, Zéphirin Bisson, Euclide Dubois, Rév. Eugène Limoges, Charles Whittey, W.J. Stephenson, T. A. Climo, Peter P. Reynolds.

BAnQ-sud-du-lac-Mercier-vers-1980

Quelques propriétés sont cependant demeurés dans la succession Mercier-Beaudoin jusqu’au décès de Fleur-Ange Beaudoin en 1959 et d’autres descendants jusque dans les années 80.

Plusieurs maisons datant de la première moitié du siècle dernier, ont été préservées et témoignent de la riche histoire de notre région.

Ces parcelles de terrains à l’extrémité sud du lac, ayant appartenues à la famille Mercier durant la première partie du XXe siècle, sont maintenant propriétés de Isabelle Grenier, Begonia Sanchez & Robert Lojk, Micheline Prieur, Sylvie Courtois, Sylvie Bergeron & Jacques Mallette, Amélie Galarneau & Simon Gareau, Lisa Archambault, Trevor Smith, Sylvie Robitaille & Nicolas Raymond, Johanne Lauzon & François Boissonneault, Karin & Stanley Balchunas et quelques autres.