Les premiers propriétaires autour du lac

Le lac Mercier

Avant nous, ils ont marché sur cette terre, ils ont regardé ces montagnes et admiré ce lac …

Depuis l’arpentage et la division des cantons dans les comtés de Labelle et Terrebonne dans les années 1871-1883, le petit village de Mont-Tremblant et  l’extrémité sud-est du lac Mercier font partie du  canton de Grandison dans le comté de Terrebonne. Pour ce qui est du lac Mercier et du lac Desmarais, ils  sont localisés dans la « Municipalité de Clyde » (La Conception).

En 1940, la situation géographique et le développement de l’activité touristique suscitée par le Mont-Tremblant amènent la Municipalité de Mont-Tremblant à intégrer le lac Mercier et le lac Desmarais au sein de son territoire. Les lots des rangs D (à l’ouest) et E (à l’est et au nord du lac) du Canton de Clyde font dorénavant partie de la Municipalité de Mont-Tremblant.

La Municipalité du Canton Clyde changea officiellement de nom en 1946 pour  « Municipalité de La Conception ».

publié dans sa rubrique « Politique familiale », Municipalité La Conception


Les premiers propriétaires autour du lac.

Des habitants installés dans la région obtiennent des « billets de location » ou par l’octroi de « Lettres Patentes» pour des lots qu’ils veulent acquérir autour du lac Mercier.

Au sud du lac

Au tournant du siècle dernier, Edouard-Henri Mercier, le frère d’Honoré Mercier, avait acquis par Lettres Patentes du gouvernement du Québec, les lots 36 et 37 du rang ll dans le canton de Grandison, ainsi qu’une partie du lot 35.

Un fait intéressant : les Mercier possèdent un îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37. Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés, jusqu’en dans les années 30.

Une partie de ces lots a été louée en 1901 à la compagnie forestière; sur une partie des lots 35 et 36, situés le long du chemin du Lac Tremblant (l’actuel chemin du Village) où la compagnie forestière a ses installations. Sur ces lots, sont érigés plusieurs bâtiments, dont un magasin général, un moulin à scie et des installations pour transformer le bois, en plus d’une immense cour à bois. On y construira bientôt un hôtel pour les employés de la compagnie: le « Chalet du lac« .

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier, qui devient propriétaire de presque tout le territoire adjacent au lac dans sa partie sud-est. Elle est tenue par contrat de poursuivre la location des lots pour la coupe de bois avec Salomon Cole, le marchand de bois et propriétaire du moulin à scie situé dans le village.

Collection Nicole Roch

Lorsqu’ Évelina« Eva » Mercier  décède en septembre 1920, ses propriétés sont léguées à son époux, Alfred Beaudoin, ainsi qu’à ses 6 enfants. Les enfants Beaudoin continuent de fréquenter le lac Mercier. Jusqu’en 1928, sa fille Jeanne Beaudoin et son gendre, Lucien Roy, habitent un emplacement du côté ouest du lac, (qui deviendra plus tard l’Hôtel Pointe du rocher).

Maison de Louis E. Roy en 1926 Coll. Brien Benoit

La succession d’Évelina Mercier conservera encore pendant plusieurs années les propriétés à l’est et au sud-est du lac. Alfred Beaudoin décède en juillet 1934. Quelques propriétés demeurent dans la succession Mercier-Beaudoin jusqu’au décès de Fleur-Ange Beaudoin en 1959.


Les autres versants du lac
Les chalets entre la voie ferrée et le lac, sur la rive est du lac.

-Le 12 novembre 1896, le 25 mars 1897, le 30 octobre 1906 et le 31 décembre 1914, en vertu des lettres patentes qu’elle détient du gouvernement du Québec, Virginie St-Denis, veuve de l’Hon. Honoré Mercier, transfère ses droits de propriété à la Montreal & Western Railway Co., soit toute la partie du terrain sur laquelle est installée la voie ferrée. Cette bande d’une largeur de 40 pieds de chaque côté du milieu la voie ferrée est l’espace alloué pour le chemin de fer. Les portions excédentaires entre le lac et la voie ferrée non utilisées par la compagnie de chemin de fer, sont dorénavant la propriété de la compagnie et celle-ci dispose du droit de vendre ces portions de terrain.

Le long du lac Mercier, cette bande de terrain dans le canton de Clyde deviendra le lot 52 dans le canton de Clyde.

À partir de 1922, la Montreal & Western Railway Company, propriétaire du lot 52 du rang D et E , se départit graduellement de plusieurs parcelles de terrains qui ne lui sont pas utiles entre la voie ferrée et le lac. C’est alors qu’on voit apparaître de petits chalets construits sur les rives est et nord du lac Mercier.

Des maisons sont construites sur les pointes de terrain qui s’avancent dans le lac. Ces résidences de villégiature sont utilisées durant l’été. Il n’y a pas de route et le transport des matériaux nécessaires à la construction est difficile.

Plusieurs de ces chalets, témoins du passé, ont réussi à conserver leur cachet d’autrefois.

Les premiers propriétaires sont :

Georges Edouard Ponthieu, originaire de Paris en France, immigre au Canada en 1907. Déjà installé sur la rive ouest juste de l’autre côté du lac, il décide de vendre son petit hôtel, le Shadinook le 25 avril 1921.

Moins d’un an plus tard, le 25 février 1922, il achète de la Montreal & Western Railway Co. une grande surface de terrain au niveau du lot 1 du rang D et y a construit cette belle maison dont on peut encore apprécier l’architecture aujourd’hui. En mai de la même année, il achète de William Middleton le terrain de l’autre côté de la voie ferrée, soit la partie nord du lot 1 du rang D.

Collection P. McCabe

Le 24 avril 1946, quelques années après le décès de Georges Ponthieu en 1939, la propriété est achetée par Adélaide Tullet, qui y exploite pendant un certain temps, le petit hôtel « Lake Breeze » et le restaurant « La Savoyarde », avantageusement situés face au village et très appréciés par les touristes de plus en plus nombreux dans la région.

(voir la section:  à chacun sa petite histoire)

C’est le 15 octobre 1957 que l’enseignant Yves Gravel acquiert la propriété et l’occupe pendant plusieurs étés jusqu’à son décès en février 2013.

Coll. Pierre McCabe

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-Tout près de là, le 1er mars 1950, la Montreal & Western Railway Co. vend une petite parcelle de terrain à Joseph Edgar Eaton. Un petit chalet y est érigé au bord de l’eau. La propriété est transférée à son fils Douglas Eaton en 1966. Ses descendants occupent encore aujourd’hui le chalet sur la rive.

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-En  avril 1934, William Bedford Harper, ingénieur civil vivant à Outremont, achète du Montreal & Western Railway, un terrain entre le lac et la voie ferrée formant une pointe dans le lac au niveau des lots 2 et 3 du rang D du canton de Clyde, du côté est du lac. Deux maisons y seront érigées. Décédé en 1956, sa succession conservera la propriété jusqu’en janvier 1976, alors qu’elle est acquise par un administrateur Montréalais, René Bergevin ( Monique Gravel), qui la revent l’année suivante à René Langevin le 21 février 1977.

C’est en face de cette pointe de terrain qu’émerge de l’eau la roche jaune devenue un repère pour les nageurs.

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-Herbert Merrill Farmer, maître dans la construction des ponts et la réparation de locomotives pour le Canadien Pacifique, demeure à Ste-Thérèse.

Le 2 janvier 1934, Herbert M. Farmer achète du Montreal & Western Railway Co., une parcelle de terrain au niveau des lots 4 et 5 du rang E du canton de Clyde.

Herbert M. Harper, bridge & Building master

Il prend sa retraite en 1934 et construit un chalet au lac Mercier sur cette pointe entre le lac et la voie ferrée face au soleil couchant. Il n’en a pas profité longtemps puis qu’il est décédé en 1939. Ses successeurs conserveront la propriété jusqu’en 1987. On nomme souvent cette pointe « la « pointe à Farmer ».

Les nouveaux propriétaires utilisent encore de nos jours la petite maison cachée sous les arbres, qu’ils appellent « Rustique-les-bains»!


Les chalets entre la voie ferrée et le lac, sur la rive nord du lac.

-André-Raymond Garneau, un superviseur de circulation dans l’est de Montréal, achète une pointe du lot 52 au niveau du lot 6 du rang E dans le canton de Clyde, le 30 décembre 1943. Une jolie petite maison y est bientôt érigée et sera utilisée comme chalet d’été jusqu’au 6 novembre 1972, alors qu’ Edward Sondermeyer, un chimiste de Roxboro en devient propriétaire.

C’est en novembre 1979 que le propriétaire actuel en fait l’acquisition. On peut encore apprécier aujourd’hui le cachet de la petite maison.

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-Un peu plus vers l’ouest, la portion du lot 52 au niveau du lot 7 du rang E est achetée par J-Isabel & Nelson Kelly le 3 mars 1941. Deux chalets y sont  construits. Les Kelly vendent les chalets à Henri Jarry en juin 1960, qui les revendra bientôt à Roger Lyonnais en 1964. Les deux propriétés ont été occupées par plusieurs propriétaires depuis. De 1992 à 2000, l’un d’eux fut le Dr. Balfour Mount, ce dévoué urologue qui fut un pionnier des soins palliatifs à Montréal.

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-Joseph Desjardins, a participé à la construction du tronçon Labelle-Nominingue à la fin du 19e siècle.

(voir la section:  à chacun sa petite histoire)

Peu avant sa retraite, alors résident de Ste-Thérèse, Joseph achète du Montreal & Western Railway le 23 janvier 1937une longue bande de terrain entre la voie ferrée et le lac. Ce terrain faisait partie du lot 7 du rang E du canton de Clyde. Il vendra ensuite deux parcelles de ce terrain à ses fils, Hervé et Ariste car le terrain est assez grand pour y construire deux chalets.

Ariste Desjardins, alors contremaître au C.P.R.,  construit le chalet rouge sur son terrain. Sa fille Lise achètera plus tard la partie de terrain de son oncle Hervé afin d’avoir une plus grande façade sur le lac.

Coll. M-J. Bérer et R. Fortier

La propriété voisine achetée et construite en 1937 par Joseph Desjardins, a un nouveau propriétaire depuis juillet 1969 : Come Valiquette. Il  y passe tous ses étés jusqu’à son décès en 2003. Son fils Pierre occupera le chalet jusqu’en 2015.


Les lots du  versant est

Les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton de Clyde:

-À la fin du 19e  siècle, Bénoni St-Jean, un menuisier, puis hôtelier du canton de Clyde, obtient par lettres patentes du gouvernement du Québec, les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton Clyde, soit tout le secteur sud du lac Mercier. Ce vaste territoire couvre environ la moitié du lac. Des bâtisses ont été érigées sur ces lots.

Le 18 juillet 1902, il vend ces trois lots à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde.

Le 18 novembre 1902, Jérémie Bonnier vend toute la partie est des lots 1, 2 et 3 du rang D à Joseph Cyr, un entrepreneur de St-Jovite.

Joseph Cyr (veuf de Delphine Trudel) vend ses lots à Donalda Renaud (veuve de Wilfrid Guay) le 14 mai 1917. Le même jour, Donalda revend ces même lots à William Middleton (Pauline Paiement).

Le 12 novembre 1918 que Louis Letendre (Éléonore Rochon) devient à son tour propriétaire d’une partie des lots et des bâtiments qui y sont érigés. William Middleton  conservera la partie nord du lot 1.

C’est sur le lot 1, à la ligne de division des cantons de Grandison (lot 37) et de Clyde (lot 1), que la famille Mercier vient passer ses étés. Cette résidence deviendra plus tard le Manoir lac Mercier.

Collection Nicole Roch

« Les Mercier, premiers villégiateurs« 

Edouard-H. Mercier décède en 1905. Depuis, le lot 1 du rang D sur lequel a été construite la villa des Mercier, a changé de propriétaires à de multiples reprises: de Donalda Renaud (Wilfrid Guay) à William Middleton (Pauline Paiement) le 14 mai 1917, puis à Louis Letendre ( Éléonore Rochon) le 12 novembre 1918, à Joseph Lévi Bougie le 23 mars 1922, pour finalement être acquis par l’hôtelier Edouard Plouffe (Ernestine Coupal) le 22 mars 1938. La villa est devenue le « Manoir Lac Mercier« .

Les Plouffe habitaient St-Jovite au début du siècle et ont possédé plusieurs hôtels dans les Laurentides. Xavier Plouffe, le père d’Edouard, était hôtelier en 1901. Edouard Plouffe, 8e de 14 enfants, prend la relève après le décès de son père en 1910. Lorsqu’il achète le Manoir Lac Mercier en 1938, il est déjà propriétaire de l’hôtel près de la gare du Canadien Pacifique à Saint-Jérome depuis 1921, l’hôtel Plouffe.

Un an après le décès de son épouse Ernestine Coupal, il vend le « Manoir Lac Mercier » le 3 octobre 1947 à Joseph «Pit» Pépin et Lionel Vaillancourt. Celui-ci se retire en octobre 1949. Joseph « Pitt » Pépin et son épouse Jeanne Desormeaux administrent l’hôtel jusqu’en novembre 1955.

Ma jeunesse au temps du Manoir Lac Mercier... par Nicole Roch

Le  Manoir Lac Mercier a attiré une clientèle nombreuse jusque dans les années 60, lorsque le Manoir fut détruit par un incendie.

Le nom du « chemin Plouffe » tient son origine de la famille Plouffe, qui ont possédé plusieurs propriétés sur ce chemin près du centre du village.


Les lots des versants nord  et nord-est  du lac

Les lots 5 à 12 du rang E du canton de Clyde:

Dans la section destinée à l’industrie, on a pu retracer l’historique de ceux qui possédaient les lots 5 à 12 du rang E dans le canton de Clyde: en 1902 : propriété du marchand provincial de bois Salomon Cole, en 1906 : A.D.Gall Petroleum & Chemical, -en 1910 : la Laurentian Chemical Co. -en 1932 : la  Standard Chemical Co..

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-C’est le 13 janvier 1943 qu’une partie de ce vaste territoire au nord-est du lac (Lots 5 et 6 du rang E) est acheté par le curé Charles-Hector Deslauriers.

-Les lots 5 est revendu en 1943 à Bertrand Tremblay, auditeur de Montréal. En 1974, le terrain sera vendu à Zotique Richer puis à Valeria Bucovetsky. Ce territoire deviendra plus tard la partie est du « chemin des Boisés » et le « chemin des Futaies« .

-Le curé Deslauriers vend le lot 6 du rang E le 19 septembre 1974 à Nicole Morin (Joël Yanow). Le couple subdivise le terrain, y trace des chemins et développe le versant nord-est du lac.

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-Le 17 juin 1940, le plus jeune frère du curé Deslauriers, René Deslauriers, à cette époque vendeur à Montréal, obtient les lots 7, 8 et 9A du rang E du canton de Clyde, soit tout le secteur nord du lac adjacent à la voie ferrée du C.P.R.

Dès 1959, René Deslauriers commence à se départir graduellement de parties des lots du rang E au nord de la voie ferrée. Des parties des lots 8 et 9A du rang E au  nord-ouest du lac sont vendues aux Lagendyk, à Janine Caron et Gérard Caron, descendants d’Euclide Caron, et à Marcel Desjardins, descendant de Joseph Desjardins. Les Lagendyk, Caron et Desjardins développeront ce secteur nord-ouest du lac durant les années 70.

Le chemin desservant ces terrains  s’appelait à l’époque « rue Desjardins». Depuis les années 1990, on le connaitra sous le nom de « l’ Impasse-des-perdrix« . C’est en mai 1986 que le chirurgien orthopédique Dr. Chris Carruthers achète la maison ancestrale que Janine Caron avait érigée en 1973.

Voir  « À chacun sa petite histoire« 

René Deslauriers vend un droit de passage à Nicole Morin-Yanow en octobre 1974 afin pour permettre la construction du « chemin Des Boisés » à travers les lots 7 et 8 du rang E et de desservir les terrains du côté nord-est du lac.

Depuis l’existence de ce chemin, ceux qui possèdent des chalets sur le bord de l’eau peuvent maintenant accéder au chemin en achetant le terrain de l’autre côté de la voie ferré.

En 1973, René Deslauriers cède une partie du lot 9A du rang E à sa fille Claire (Yvon Morel) en 1974, puis une partie du lot 8B du rang E à son autre fille Céline (Richard Moreau) en 1976. En 1989, les portions des lots 7 et 8 du rang E plus haut dans la montagne, sont vendues à des promoteurs immobiliers qui développeront le territoire du chemin Franc-Nord et du flanc de la montagne.


Les lots du versant ouest du lac

À la fin du 19e siècle, Edouard-Henri Mercier, le frère d’Honoré Mercier, avait acquis par Lettres Patentes du gouvernement du Québec, les lots 36 et 37 du rang ll dans le canton de Grandison. En faisait partie l’ îlot rocheux dans le lac Mercier situé dans le prolongement de la ligne de division entre les lots 36 et 37. Cet îlot devait être plus important à l’époque car il apparait toujours comme « portion de territoire » lors des transmissions de titres de propriétés jusqu’en dans les années 30.

Après le décès d’Edouard-Henri Mercier en juin 1905, ses deux filles Cécilia et Évelina sont les héritières. Cécilia cède sa part d’héritage à Evelina « Eva » Mercier.

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-Le 26 août 1905 et le 8 mai 1923, Evelina Mercier et Alfred Beaudoin vendent à Katherine Melanie Weekes et John J. Creelman les portions des lots 36 et 37 du rang ll situé à l’extrémité sud ouest du lac, soit tout le terrain entre le lac et le chemin public. Au décès de J. Creelman, c’est Maud H. Baker qui en hérite en février 1950. Elle vend ses lots au Dr. Lucien Piché (Suzanne Denis) le 28 novembre 1961.

Sur la photo qui suit, où on peut apercevoir la maison des Piché et une cabane de bateaux construits à cette époque.

Lucien Piché décède et le territoire est transmis à son épouse Suzanne Denis en août 1979. Le grand terrain a été divisé afin de permettre que chacun des 10 enfants puisse avoir son terrain sur le lac. Les plans ont dû être révisés suite aux modifications des règlements de zonage de la municipalité. Au décès de leur mère Suzanne le 17 décembre 1993, ce sont les dix enfants de Lucien et Suzanne qui héritent de ce vaste terrain.

Le terrain devient plus tard la propriété d’ une compagnie basée à Montréal. De cette époque subsiste tant bien que mal, la bucolique cabane de bateaux qui sert de perchoir au héron qui visite le lac chaque été.

Le territoire sud-ouest du lac est situé dans le canton de Grandison, tandis que le reste du côté ouest  est situé dans le canton de Clyde. Ce sont les lots 1 à 8 du rang D.

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Les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton de Clyde:

Bénoni St-Jean, un menuisier et cultivateur du canton de Clyde, avait acquis par lettres patentes du gouvernement du Québec, les lots 1, 2 et 3 du rang D du canton Clyde, soit tout le secteur au sud du lac Mercier. Le 18 juillet 1902, il vend ces trois lots à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde.

Le 4 août 1903, Jérémie Bonnier vieillit et veut s’assurer d’une rente annuelle. Une des conditions du don est de fournir une rente annuelle et viagère au donateur. Joseph Robert, un cultivateur de St-Jovite, devient donc propriétaire des lots 1, 2 et 3 du rang D du côté ouest du lac. Sur ces lots, des bâtisses sont érigées. Jérémie décèdera le 4 mars 1910.

C’est le 12 novembre 1921 que Joseph Robert vend les parties du lot 1 à un rentier de Montréal, Pierre-Damien Racine et son épouse Clara Racine, puis une autre partie le 19 septembre 1923 et enfin une autre le 4 mars 1924. Ces parties de lots sont vendues à Alcide Forget, industriel de Saint-Jovite le 6 août 1948.

Ce n’est qu’en avril 1972 que le médecin de Plantagenet, le Dr. Jean De Guise, en devient propriétaire. Une autre partie du lot 1, (lot 1-22), dont Conrad Forget est propriétaire, est vendue à Jean De Guise en avril 1977. La maison construite dans les années 70 est encore occupée de nos jours par la famille De Guise.


La baie du sud-ouest (chemin Harrison)

-De Bénoni St-Jean, un menuisier et cultivateur du canton de Clyde, à Jérémie Bonnier dit Laplante, un cultivateur du canton de Clyde, puis à Joseph Robert, toute la partie ouest des lots 1, 2 et 3 sont défrichés et cultivés, puis subdivisés.

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-Joseph Robert, maintenant installé au lac Tremblant, décide de se départir des parties de lot 1-24, du lot 2-20,23,25 et du lot 3-15 et les vend à Georges Meilleur, un marchand de St-Jovite le 15 septembre 1932. Celui-ci le vend le même jour à Kenneth Harrison. qui le vend peu de temps après à un hôtelier, Joseph Greenough le 26 juin 1933.

C’est Joseph Greenough qui érige un hôtel sur le lot 2-20 tout près du ruisseau qui longe le lot 3-15: le « Windermere« . Joseph Greenough et ses descendants possèdent l’hôtel jusqu’au 9 avril 1946. L’ihôtel et tous les bâtiments construits sur cette partie du lot 2 est alors vendu  à l’hôtelier Armand Bastien.Armand Bastien doit se départir de l’hôtel et c’est en juillet 1967 qu’il il vend à Albert Deslauriers qui ne le conserve que peu de temps. Ce sera Monique Cousineau (Me Guy Rouleau) qui en prendra possession. L’hôtel disparait pour laisser place à une maison privée. Depuis 1979, elle est occupée par le même propriétaire.

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-Charles Williams a acquis de Joseph Robert les parties de lots 2 et 3  du rang D. Un ruisseau important traverse les lots, dont l’eau provient d’un petit lac plus haut dans la montagne (lac Saint-Jean). De plus, l’ancien chemin public, le chemin Bisson (ch. du lac Mercier) qui mène vers Labelle et qui traversait une partie du lot 3, a été relocalisé plus à l’ouest, ce qui rend la propriété particulièrement attrayante.

Georges Edouard Ponthieu, originaire de Paris en France où il travaillait comme chimiste, immigre au Canada en 1907. Le 25 mai 1912, il acquiert les parties de lots détenus par Charles Williams. Sur le lot 2-1, il érige bientôt un hôtel (boarding house) connu sous le nom « Shadinook ». En plus de la maison principale, plusieurs autres bâtiments prennent place.

Le 25 avril 1921, il vend les parties de lots 2-1 et 3-6 où sont érigés le Shadinook et plusieurs autres bâtiments, à un vendeur de Westmount,  Walter Ephraim Harrison (Martha Ann Shaw).

En mai 1924, Walter E. Harrison acquiert de Susie Ida Stanton Silcock et John Stevenson, comptable pour la compagnie de chemin de fer, d’autres parties du lot 2 où des bâtiments sont érigés. Ce lot appartenait auparavant à Georges Ponthieu jusqu’en 1914.

Georges Ponthieu vendra à Walter E. Harrison, les autres parties des lots 2 et 3 en 1930.

En juillet 1932, Walter E. Harrison et Martha Ann Shaw donnent l’hôtel et l’ensemble des lots qu’ils possèdent à leur fils Kenneth Harrison (Audry Mann).

En 1934, Ken traverse une période tumultueuse. En août 1935, les parents de Ken reprennent le patrimoine confié à leur fils 3 ans plus tôt. Walter et Martha sont à nouveau propriétaires de l’hôtel et des terrains où les principaux bâtiments sont érigés. Ils y tiendront une maison de pension jusqu’après la guerre.

En 1935, Kenneth Harrison est très impliqué dans le Club de ski Mont-Tremblant qu’il vient de fonder. En 1938, Joe Ryan, en visite à Gray Rocks, survole la montagne de 3200 pieds avec l’avion de Tom Wheeler , accompagné par Lowell Thomas. C’est le début du grand projet de faire de cette montagne un grand centre de villégiature.  Pour Kenneth Harrison, le Club de ski deviendra sa principale activité à Mont-Tremblant en plus de diriger un hôtel à Ste-Agathe.

Walter et Martha délaissent graduellement la maison de pension et vendent les parties de lots où sont érigés les bâtiments du « Shadinook » à Harold W. Seeney le 5 mars 1946.

Les Harrison auront été hôteliers durant 25 ans. Ils auront inspiré le toponyme de la rue qui dessert ce secteur: le « chemin Harrison ».

Après quelques changements de propriétaires, l’ancien Shadinook , désormais à l’abandon, ainsi qu’une grande partie du territoire, est acheté le 11 mai 1957 par Zionist Organization of Canada. Le camp Kinneret Biluim en devient le propriétaire le 6 avril 1984.

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Kenneth Harrison qui avait acquis plusieurs parties des lots 2 et 3 en janvier 1946. vendra la plupart de ces terrains jusqu’en 1949.

-Quelques-uns de ces lots à l’ouest du Shadinook, ont été vendus à Saladin Volkman en 1947, puis à William Staniforth, homme d’affaire résidant à Westmount, en décembre 1974. Sur le lot 2-13, on peut encore admirer la belle propriété en pierre érigée à l’époque.


 

Le milieu du lac

Les lots 4 et 5 du rang D du canton de Clyde:

-Alphonse-Denis Dury et Marie Giroux quittent leur France natale en 1883 pour immigrer au Canada. Georges est tailleur et le couple ouvre un magasin de vêtements à St-Jovite. Le 19 mai 1897, A-D. Dury obtient par lettres patentes la concession de quelques lots (Lot 4 et lots 8 et 9) du côté ouest du lac Mercier, le long du chemin Bisson (ch. Du lac Mercier) qui mène vers Labelle.

Après le décès d’Alphonse le 7 septembre 1904, Marie Giroux vend les lots qu’elle détient au lac Mercier. Elle s’occupe du magasin de vêtements à St-Jovite avec l’aide de ses fils; l’un d’eux, Georges Dury, sera maire de St-Jovite de 1929 à 1933.

Les lots 8 et 9 du rang D destinés à l’exploitation forestière, sont vendus au marchand provincial de bois Salomon Cole le 14 février 1906.

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-Arthur O’Meara acquiert les lots 4, 5 du rang D dans le canton de Clyde, détenus par Alphonse Dury. Sur un plateau rocheux juste au bord du lac, il construit une demeure de deux étages. Le 8 février 1905, il vend la propriété à un architecte, Louis E. Roy (Laurenza Robert). La famille réside alors à New-York et séjourne au lac Mercier par intervalles. Leur fils Lucien Roy et son épouse Jeanne Beaudoin, fille d’Évelina Mercier et Alfred Beaudoin, y passent beaucoup de temps jusqu’en 1928, la famille de Jeanne possédant des propriétés juste de l’autre côté du lac.

Louis Roy, devenu veuf, vend la propriété le 6 décembre 1928 à Paul Vincent Syracuse (Florina Robert), tailleur à St-Jovite. Celui-ci transforme la résidence en une maison de pension, « le Belvedère » qu’il gardera pendant quelques années.

Le 24 décembre 1934, après quelques changements de propriétaires, l’immeuble est mis en vente par le shérif à la porte de l’église, lieu fixé pour les ventes aux enchères, et Euclide Dubois, entrepreneur du lac Ouimet est le plus haut enchérisseur.

Euclide Dubois dont les parents proviennent de la région de Ste-Thérèse, a acquis plusieurs lots dans la région entre le lac Ouimet et le lac Mercier. Il  exploite un moulin à scie sur un des lots près du chemin qui mène au village. Menuisier et entrepreneur, il participe à la construction de l’église en 1929 et est propriétaire de l’Hôtel Villa Bellevue au lac Ouimet.

Le 7 mai 1936, son gendre Hector Calvé (Irène Dubois) en devient propriétaire et la maison de pension se transforme en un hôtel d’une vingtaine de chambres qui prend le nom de « Hôtel Pointe du rocher ».

Collection Brien Benoit

L’hôtel devient un endroit très convoité par de nombreux touristes jusque dans les années 70.

L’Hôtel « Pointe du Rocher » à l’époque de la famille Calvé

Hector Calvé exploite le commerce jusqu’en février 1968. Après quelques changements de propriétaires qui l’ont brièvement exploité, l’hôtel et toutes les parties de lots sont mis en vente en 1974. Les activités commerciales cessent alors que le 12 juin 1974, le neurochirurgien Dr. Brien Benoit en fait l’acquisition.

L’ancien hôtel est transformé en résidence privée depuis ce temps.

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-Plusieurs autres parties des lots 4 et 5 du rang D sont vendus par Louis E. Roy à différents propriétaires, où ils ont érigé leurs habitations:

En plus de Paul Vincent Syracuse, ces acquéreurs ont été : Alfred Ferguson en août 1914, Patrick Verdon (pompier de Montréal) en janvier 1934, Harry Arthur Robinson en juin 1934, William Lazure en septembre 1934, Robert W. Lebeau en juillet 1935, Léopold Dubeault en décembre 1937 et Alberta Charbonneau en janvier 1942.

Par la suite, William Lazure est décédé en 1994 et sa succession a conservé la propriété  jusqu’en 2012. On peut encore apercevoir aujourd’hui sur le terrain au fond de la baie, le chalet brun et rouge  construit par W. Lazure dans le années 30.

La famille Simard a acquis la propriété d’Harry A. Robinson en 1973. Un incendie a détruit la maison et les successeurs de Léonce Simard ont vendu la propriété il y a quelques années.

Yvon De Guise a acheté d’ Hector Calvé, une partie de lot 4 D, puis l’a revendue en 1964 à Madeleine Painchaud-Sénéchal. Les propriétaires actuels en ont fait l’acquisition en 1976.

En 1976, Alberta Charbonneau-Fortier a vendu à Jacqueline Amesse. Jacqueline y a habité jusqu’à son décès il y a quelques années.

C’est dans ce secteur qu’on retrouve les  noms de rues « Verdon, Syracuse et Hunter ».

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-Bernhard-Emil Hunter et Paula Oppenlander  sont originaires d’Allemagne, puis aux États-Unis. Peu de temps après leur arrivée au Canada en 1912, ils achètent  des parties du lot 5 du rang D dans le canton de Clyde et y construisent leur résidence de villégiature. Leur fils Harry Robert Hunter y demeure après le décès de ses parents en 1923 et 1936. Harry est assistant architecte et ajoute plusieurs pièces à la résidence construite par son père. Il y demeure jusqu’à son décès en 1987.

-Paul Vincent Syracuse a quant à lui vendu la partie 5C du rang D à Ferdinand Carrière, puis Evelyn Allen, employée de la ville de Montréal, a acheté la propriété en 1976.

Marie-Paule Létourneau  a achèté une partie du lot 5 en 1972, y a construit son chalet et réside presque jusqu’à son décès. Elle était âgée de 102 ans.


Vers l’ouest nord-ouest

Les lots 6 et 7 du rang D du canton de Clyde:

Delphine St-Jean, l’épouse de Bénoni St-Jean, obtient la concession des lots 6A et 6B du rang D et reçoit les lettres patentes du gouvernement du Québec, le 5 février 1924. Les lots lui sont octroyés pour la culture et la coupe de bois.

Le 8 mai 1934, Antoinette St-Jean (Roméo Pilon), cultivateurs du canton de Clyde, hérite du lot 6B du rang D au décès de sa mère Delphine.

Le petit lac à l’extrémité ouest du lot 6 est nommé « lac Saint-Jean » en l’honneur de la famille St-Jean. Les descendants des St-Jean (Pilon) possèdent encore une grande portion du territoire original du côté ouest du chemin du lac Mercier, tandis que toutes les parties des lots subdivisés entre le chemin et le lac ont connu plusieurs changements de propriétaires depuis.

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-Dorothée St-Jean (Aldéric Boivin), cultivateurs du canton de Clyde,est propriétaire des lots 7 A et 7B du rang D en vertu de lettres patentes octroyées par le gouvernement du Québec le 7 janvier 1927. Elle vend le lot 7 à Jérémie Boivin (Marie Délia Pilon) le 24 mars 1928.

Celui-ci revend les deux parties du lot 7 quelques années plus tard, le 10 août 1935, à l’homme d’affaires Zéphirin Vanchesteing (Mercedes Lafleur).C’est en juin 1972 que le directeur funéraire Roland Vanchesteing (Rachel O’Keefe) et héritier de ses parents maintenant tous deux décédés, vend à Dean Wainwright, un instructeur de ski.

L’homme d’affaires Alain Culis  et Nicole Gauthier achètent les lots 7A et 7B le 27 juillet 2000 et crée le développement:. « Domaine privilège« .

Lac Mercier 1963. Collection Stéphane Martin