Les Hôtels du lac Mercier

Les hôtels du lac Mercier :
« Lac Mercier Inn » … Collection T. Borduas

Le lac Mercier attire les vacanciers, enchantés par la beauté du paysage, l’air pur, la pêche, la chasse et les activités nombreuses. Certains viennent dans la région simplement pour jouir du grand air, pour faire des balades en chaloupe sur le lac, ou pour profiter des plaisirs de la vie à l’hôtel. Les sports en plein air se répandent de plus en plus.

Devenue une destination touristique fréquentée par les mieux nantis, c’est la popularité du ski alpin qui attire les touristes  depuis les années 30-40.

À quelques heures de train de Montréal, tous ces plaisirs sont dorénavant accessibles. De plus, l’amélioration des routes et la démocratisation de l’automobile amène le tourisme de masse dans la région.

>>> … LA SUITE

Hôtel Mont-Tremblant

« L’hôtel Mont-Tremblant », dont on peut encore reconnaître l’architecture du début du siècle, fut construit au lac Mercier en 1902.

Collection P. Bourget

Joseph Dufour, fils d’Amable Dufour, premier colon établi à Saint-Jovite,  travaillait à l’époque pour la G. H. Perley Company. Dans les forêts environnantes du lac Tremblant, l’activité de coupe de bois était était florissante. Le lac Tremblant servait au flottage (drave) et au transport des billots vers la rivière Cachée, la Diable, puis la Rouge en destination de Grenville-sur-la-Rouge dans la région d’Hawkesbury.

En 1902, Joseph Dufour avait ayant obtenu des billets de concession de lots. Sur un de ces lots au lac Tremblant, il entreprend la construction d’une maison de pension de 6 chambres. La maison de pension terminée, il la vend à Zéphirin Meilleur, qui devient alors « maître de pension » au lac Tremblant.

Joseph Dufour entreprend cette même année, la construction d’un autre hôtel, cette fois-ci au lac Mercier, sur le « chemin du lac Tremblant » (l’actuel chemin du Village). L’imposant édifice sera nommé le « Lac Mercier Inn ».

Jos. Dufour aimait construire des hôtels, mais ne semblait pas fait pour le métier d’hôtelier. Brièvement possédé par François Archambault, un homme d’affaires bien connu de la région de l’Assomption, l’immeuble est rétrocédé à Joseph Dufour en septembre 1905, puis vendu une semaine plus tard à Wilfrid Guay, un homme d’affaire de l’Annonciation (Rivière-Rouge). Wilfrid Guay et son épouse, Donalda Renaud deviennent hôteliers à temps plein.

L’hôtel dessert les clients de la gare, érigée en 1904 sur le terrain voisin. L’ endroit est idéal pour accueillir les passagers.

L’hôtel bourdonne d’activité en attendant l’arrivée du train hebdomadaire. Le Lac Mercier Inn devient vite le lieu de rassemblement des habitants de la région. Ils attendent à l’hôtel jusqu’à ce que le train arrive avec le courrier tant attendu,pour qu’il  soit estampillé au bureau de poste de l’autre côté de la rue.

En 1906, l’hôtel héberge aussi des travailleurs de l’industrie forestière et de la A.D. Gall Petroleum  & Chemical Co., qui vient d’acheter les installations situées sur le plateau entre le lac Brochet (renommé lac Moore) et le lac Mercier.

Le train permet aussi aux habitants, jusque-là bien isolées dans leur petit patelin, de rendre enfin visite à leurs proches et aussi de recevoir les membres de leur famille. C’est aussi le début de l’industrie touristique qui amène les villégiateurs par le train, pour venir dans la région profiter de la pêche, de la chasse et des plaisirs de la campagne.

Cette petite annonce paraît dans les journaux de Montréal en 1915.

.

Au Lac Mercier Inn, le barman est jovial et les clients se sentent chez soi. Les habitants de la région s’y rassemblent pour faire la fête et le barman dépanne les fêtards qui ont un peu trop bu en leur louant une chambre.

Collection: M. Duclos
Collection: M. Duclos

 

 

 

Wilfrid Guay s’occupe de l’hôtel jusqu’à son décès en 1916. Ce sera Donalda Renaud, son épouse devenue veuve, qui dirigera l’hôtel jusqu’en 1921.

Cette année-là, Zéphirin Meilleur, qui gérait la petite pension du lac Tremblant depuis 1902, vient de vendre celle-ci à son frère Joseph. Joseph Meilleur a de grands projets et envisage de transformer la pension en un hôtel d’envergure d’une soixantaine de chambre, adapté à une nouvelle clientèle touristique: l’Hôtel Meilleur. L’établissement sera à son tour acheté par Joseph Bondurand Ryan en 1943.

En octobre 1921, Zéphirin Meilleur signe un bail de 10 ans (et promesse d’achat) avec Donalda Renaud, pour s’occuper de l’hôtel Lac Mercier Inn. Zéphirin décède malheureusement l’année suivante et c’est son épouse, Victorine Hamel, qui devient propriétaire de l’hôtel le 15 octobre 1923.

Coll. P. Bourget
Collection: Pierre McCabe

On a longtemps connu l’hôtel sous le nom de « Lac Mercier Inn »Durant l’hiver 1932-1933, le première remontée mécanique (rope tow) en Amérique du Nord est installée à Shawbridge. Joe Ryan installe la première remontée mécanique avec chaise (chairlift) à l’hiver 1938-1939 au Mont-Tremblant.

Afin de profiter de l’engouement touristique créé par ces changements, le Lac Mercier Inn change son nom pour celui de « Hôtel Mont-Tremblant ».

Ce n’est que vers 1937 que l’hôtel commence à héberger des skieurs attirés par le ski Mont-Tremblant.

Depuis le début du 20e siècle, l’hôtel a changé de nom, a subi un incendie en 1918, a été reconstruit et plusieurs fois rénové, en plus d’avoir changé de main à de multiples  reprises.

Selon un article de la  Gazette de Montréal, l’Hôtel Lac Mercier aurait été incendié puis reconstruit en 1918. D’autres sources affirment que, suite à un incendie majeur dans le village, l’hôtel a été rebâtit en 1923.

L’Hôtel Mont-Tremblant, près de 120 ans d’histoire


Le Chalet du Lac

L’immeuble fut construit au début du siècle dernier par la compagnie forestière qui était installée dans le village, afin d’y loger ses travailleurs.

Dès 1905, on peut apercevoir cet édifice imposant à l’endroit où est maintenant l’édifice « Félix Calvé » ( l’ancien hôtel de ville de la municipalité de Mont-Tremblant).

Collection SOPABIC
Snack bar devant le Chalet du lac, vers 1946
Collection: Peter Duncan

Brièvement possédé par Ernest Benoit qui l’a dirigé de 1932 à 1934, la Standard Chemical a vendu le 22 juillet 1939, toutes les bâtisses qui étaient érigées sur ses lots incluant l’hôtel, au Rév. Charles-Hector Deslauriers, curé du village de Mont-Tremblant. Le curé Deslauriers, très engagé dans la promotion des sports et grand amateur d’horticulture, utilisait le salon de l’hôtel pour organiser des activités pour les jeunes de la région.

Plus tard, l’hôtel accueillera à nouveau des touristes, jusqu’à ce qu’un incendie le détruise en 1952.  


Manoir Lac Mercier

Selon la capsule audio: « Les Mercier, premiers villégiateurs« , les Mercier avaient établi une très jolie villa où la famille allait, à chaque année, passer les mois de villégiature.

Edouard-H. Mercier décède en 1905. Depuis, le lot 1 du rang D sur lequel a été construite la villa des Mercier, a changé de propriétaires à de multiples reprises: de Donalda Renaud (Wilfrid Guay) à William Middleton (Pauline Paiement) le 14 mai 1917, puis à Louis Letendre ( Éléonore Rochon) le 12 novembre 1918, à Joseph Lévi Bougie le 23 mars 1922, pour finalement être acquis par l’hôtelier Edouard Plouffe (Ernestine Coupal) le 22 mars 1938. La villa est devenue le « Manoir Lac Mercier« .

Les Plouffe habitaient St-Jovite au début du siècle et ont possédé plusieurs hôtels dans les Laurentides. Xavier Plouffe, le père d’Edouard, était hôtelier en 1901. Edouard Plouffe, 8e de 14 enfants, prend la relève après le décès de son père en 1910. Lorsqu’il achète le Manoir Lac Mercier en 1938, il est déjà propriétaire de l’hôtel près de la gare du Canadien Pacifique à Saint-Jérome depuis 1921, l’hôtel Plouffe.

Un an après le décès de son épouse Ernestine Coupal, il vend le « Manoir Lac Mercier » le 3 octobre 1947 à Joseph «Pit» Pépin et Lionel Vaillancourt. Celui-ci se retire en octobre 1949. Joseph « Pitt » Pépin et son épouse Jeanne Desormeaux administrent l’hôtel jusqu’en novembre 1955.

Ma jeunesse au temps du Manoir Lac Mercier… par Nicole Roch

Le  Manoir Lac Mercier a attiré une clientèle nombreuse jusque dans les années 60, lorsque le Manoir fut détruit par un incendie.

Le nom du « chemin Plouffe » tient son origine de la famille Plouffe, qui ont possédé plusieurs propriétés sur ce chemin près du centre du village.

La fille d’Edouard Plouffe, Gabrielle Plouffe-Monette, a habité sur le chemin Plouffe jusqu’à son décès en 1996.

Le fils de François et petit-fils d’Edouard, Pierre Plouffe, s’est démarqué en remportant la coupe du monde en ski nautique en 1971 et a fini 5e aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Il a commencé à faire du ski nautique à l’âge de 10 ans et fait sa première compétition au lac Ouimet à Mont-Tremblant. Toujours passionné de ski nautique et compétiteur dans l’âme, il continue de relever des défis tout en s’occupant du Centre nautique Pierre Plouffe au lac Tremblant.


Pointe du Rocher

D’abord une maison privée construite au début du 20e siècle par Arthur O’Meara sur un promontoire au bord de l’eau,la propriété est vendue à l’ architecte de New-York, Louis E. Roy le 8 février 1906.

Louis Roy (Laurenza Robert) réside alors à New-York et séjourne au lac Mercier par intervalles. Son fils Lucien Roy et son épouse Jeanne Beaudoin, fille d’Évelina Mercier, y passent beaucoup de temps jusqu’en 1928, la famille de Jeanne demeurant juste de l’autre côté du lac.

Louis Roy, devenu veuf, vend la propriété le 6 décembre 1928 à Paul Vincent Syracuse (Florina Robert), tailleur à St-Jovite, qui l’acquiert pour transformer la maison en une maison de pension, « le Belvedère » qu’il gardera pendant quelques années.

Collection Brien Benoit
Coll. Brien Benoit

Le 7 mai 1936, son gendre Hector Calvé (Irène Dubois) en devient propriétaire et la maison de pension se transforme en un hôtel d’une vingtaine de chambres qui prend le nom de « Hôtel Pointe du rocher ».

Coll. Brien Benoit

L’hôtel devient un endroit très convoité par de nombreux touristes jusque dans les années 70.

L’Hôtel « Pointe du Rocher » à l’époque de la famille Calvé

Collection Brien Benoit
vers 1950, Collection Marc Calvé
Collection Brien Benoit

Hector Calvé exploite le commerce jusqu’en février 1968. Après quelques changements de propriétaires qui l’ont brièvement exploité, l’hôtel a cessé ses opérations le 12 juin 1974.

Après plusieurs transformations, l’immeuble est devenu une résidence privée.


Le « Shadynook Inn »

Hôtel Windermere  et Shadynook Inn  vers 1940 Coll. Nicole Roch

Georges Edouard Ponthieu, originaire de Paris, immigre au Canada en 1907. Le 25 mai 1912, il acquiert les lots de Charles Williams et les subdivise en plusieurs parties. Sur une partie du lot 2-1, il érige un hôtel (boarding house) connu sous le nom « Shadinook ». En plus du bâtiment principal, plusieurs autres bâtiments prennent place.

Le 25 avril 1921, la propriété est acheté par Walter Ephraim Harrison.

  

Shady Nook Inn   Collection: Société du Patrimoine SOPABIC

Kenneth Harrison a l’esprit entrepreneur. À l’âge de 17 ans, il travaille durant l’été pour ses parents : il est chargé de transporter en chaloupe les clients qui arrivent à la gare pour les amène à l’hôtel, puis les ramener à la fin de leur séjour. Il doit aussi à nettoyer les lampes à l’huile qui servent d’éclairage dans  l’hôtel. Durant l’hiver, Ken travaille à Northern Electric à Montréal. Il réussit à obtenir de la compagnie un escompte de 50% sur la vente d’équipement électrique, ce qui lui inspire l’idée d’équiper l’hôtel de lampes électriques, lui épargnant ainsi la fastidieuse tâche de nettoyer les lampes à l’huile.

au sujet de Kenneth Harrison

En juillet 1932, Walter E. et Martha Harrison donnent l’hôtel et les terrains à leur fils Kenneth Harrison. En 1934, Ken doit emprunter et hypothèque l’immeuble. Cet emprunt risqué amène les parents de Ken à annuler la donation de leur patrimoine en août 1935. Walter et Martha reprennent donc le commerce pour un temps. L’hôtel devient une  « maison de pension ». On l’appelle « la Pension Harrison« .

En 1935, Ken est très impliqué dans le « Club de ski Mont-Tremblant » qu’il vient de fonder.En 1938, Joe Ryan, en visite à Gray Rocks, survole la montagne de 3200 pieds avec l’avion de Tom Wheeler , accompagné par Lowell Thomas.C’est le début du grand projet de faire de cette montagne un grand centre de villégiature. Pour Kenneth Harrison, le Club de ski deviendra sa principale activité à Mont-Tremblant en plus de diriger l’hôtel à Ste-Agathe.

Walter délaisse graduellement la maison de pension et vend l’immeuble en 1946.

Après quelques changements de propriétaires, l’ancien Shadinook est acheté le 11 mai 1957 par Zionist Organization of Canada.

Le camp Kinneret Biluim en devient le propriétaire le 6 avril 1984.

 


 L’Hôtel Windermere

L’hôtelier Joseph Greenough achète le lot 2-20 du rang D dans le canton de Clyde le 26 juin 1933 et y érige un hôtel: le « Windermere« .

Joseph Greenough et ses descendants exploitent l’hôtel jusqu’au 9 avril 1946. L’immeuble est alors vendu  à l’hôtelier Armand Bastien.

On surnomme l’hôtel le « Honeymoon Lodge« . Les touristes sont nombreux en cette période d’après-guerre et les clients y apprécient beaucoup leur séjour.

L’hôtel Windermere», sous la direction d’Armand Bastien, aura attiré les vacanciers pendant une vingtaine d’années.  

Photostream Armand Bastien

Armand Bastien décide de se départir de l’hôtel et c’est en juillet 1967 qu’il il vend à Albert Deslauriers. Celui-ci ne le conserve que très peu de temps. Ce sera Monique Cousineau (Me Guy Rouleau) qui en prendra possession en octobre 1968. L’hôtel cesse d’exister et l’emplacement change de mains à quelques reprises avant de devenir une maison privée.

Depuis 1979, elle est occupée par le même propriétaire.


  >>>  retour: